identité
paysagère

Le massif de la Sainte-Baume appartient à ces grands massifs calcaires identitaires du département.

Dimensions
10,80 km d'est en ouest et 12,40 km du nord au sud.
Altitude maximale
1 042 m, le Pic de Bertagne
Altitude minimale
120 m aux Nègles, Gémenos
Superficie
73,23 km²
Population
19 606 habitants
(Insee 12/2020)
Relief
massif calcaire

L’atlas actualisé conserve les limites de l’unité paysagère telles qu’elles ont été définies dans la version de 2006. Le massif de la Sainte-Baume appartient à ces grands massifs calcaires identitaires du département.

En décembre 2017, le Parc Naturel Régional de la Sainte-Baume est créé par décret ministériel. Le Parc porte à la fois le dynamisme économique de son territoire et la préservation de son patrimoine architectural, historique et paysager. Cependant la plus grande partie du Parc Naturel Régional est située dans le département du Var. C’est elle qui porte les principaux enjeux. En effet, l’unité paysagère du massif de la Sainte-Baume du présent atlas ne concerne que l’extrémité occidentale de cette entité géologique et géographique.

L’unité paysagère est avant tout une zone montagneuse renfermant le sommet des Bouches-du-Rhône, le Pic de Bertagne qui surplombe la vallée de l’Huveaune de ses 1 042 m. Sa silhouette caractéristique dresse ses falaises calcaires au-dessus des versants boisés.

 

L’atlas de 2006 la décrit ainsi

À cheval sur les Bouches-du-Rhône et le Var, le massif de la Sainte-Baume forme un vaste quadrilatère de 30 km de long sur 25 km de large.

Cette montagne méditerranéenne dépasse les 1000 m d’altitude. Des paysages minéraux ruiniformes spectaculaires, des vallons ombragés, des forêts profondes composent des sites exceptionnels et originaux, marqués symboliquement par le caractère sacré des lieux.

Dans les Bouches-du-Rhône s’étend la terminaison occidentale du massif. Il s’agit des versants et des vallons de l’ubac au Sud du village d’Auriol. Il s’agit aussi des sommets de l’extrémité de la chaîne centrale à l’est de la plaine d’Aubagne-Gémenos. Les contreforts collinaires de l’adret dominent la cuvette de Cuges-les-Pins.

Communes

Auriol
Gémenos
Partiellement
Cuges-les-Pins et Roquevaire

Premières impressions

La force de ce paysage montagneux tient aux abrupts spectaculaires, aux contrastes entre les vallons frais et ombragés et les versants dénudés. Elle est également liée aux forêts du plateau du Plan-d’Aups, dominé par la longue falaise aux sommets dénudés.

Ces éléments du paysage et le mystère de la grotte sacrée sont autant de signes qui marquent le caractère exceptionnel des lieux.

 

Regards sur le massif de la Sainte-Baume

« La Sainte-Baume, ce n’est pas seulement un hommage à une jeune femme élevée par le Christ à la suprême dignité d’apôtre. C’est une stèle dressée à l’Imaginaire et à la Mémoire de l’Humanité… »
G. Lauris – Revue Autrement.

 

Couleurs de l'unité

Bleu du ciel sur les blanc et gris des falaises ; gris-vert, ocre, roux et blanc des éboulis ; vert sombre, jaune, noir des pinèdes et de la garrigue…

sous-unités
paysagères

Les sous-unités paysagères individualisent des paysages qui composent une unité paysagère et font valoir des spécificités au sein de l’unité.

Les sous-unités ont été définies par l’atlas des paysages de 2006. De cet atlas sont retenues les sous-unités paysagères de la chaîne centrale : le Pic-de-Bertagne et les crêtes, du plan de la Courtonne et la Tour de Cauvin, de l’ubac de la Sainte-Baume, du vallon de Saint-Pons et des piémonts du plateau de Cuges

structureS
paysagèreS

Un paysage géomorphologique puissant et contrasté

Le massif de la Sainte-Baume est issu du mouvement pyrénéo-provençal responsable du puissant redressement de la série calcaire en un anticlinal de grande amplitude. Orienté est-ouest, ce long pli couché dépasse les 1000 m et s’étire sur 12 km. Il est composé d’une série renversée de calcaires massifs du Jurassique avec des faciès dolomitiques, des passages argileux et des calcaires urgoniens qui forment la falaise.

L’eau

Les roches perméables et très fissurées constituent un véritable château d’eau régional. Des résurgences restituent les 900 mm de pluviométrie annuelle à l’Huveaune et, dans le Var, à l’Argens, au Cauron et au Gapeau.

L’eau souterraine est également drainée jusqu’à la source de Port-Miou dans le massif des Calanques. L’eau marque le paysage : la cote des sources définit une limite pour la végétation spontanée et les terroirs secs ou irrigués. A Saint-Pons, l’eau, domestiquée par un ingénieux réseau de canaux et d’aqueducs, alimentait autrefois prairies, cultures et fabriques. En opposition avec le pied des versants dénudés, le vallon de Saint-Pons offre ainsi la fraîcheur de son couvert arborescent, avec la végétation spontanée et plantée de ripisylve et les aménagements paysagers du parc de l’ancienne abbaye.

 

Le paysage bâti

Le massif de la Sainte-Baume conserve un caractère sauvage et naturel. Il est resté à l’écart de toute urbanisation marquante. Les villages sont établis en couronne autour des reliefs et plus tournés vers les unités limitrophes (Huveaune, Cuges) que vers la montagne…

 

Le paysage végétal spontané

Le flanc ouest de la Sainte-Baume est particulièrement aride au pied des falaises et des éboulis sommitaux. Quelques taillis de chênes verts surmontés de pins d’Alep subsistent. Ils s’accompagnent de filaires, de viorne-tins et de lentisques sur calcaire compact. De vastes garrigues à kermès et pelouses à brachypode rameux constituent un stade de régression avancée du couvert végétal.

Sur calcaire marneux, c’est la garrigue à romarin avec peu ou pas de bruyère multiflore qui domine ainsi que la pelouse à brachypode de Phénicie. La plupart des formations végétales se rattache à la série du chêne pubescent avec des arbres à feuilles caduques comme les érables, les sorbiers, les cornouillers, les amélanchiers et certaines espèces reliques de la hêtraie tels l’if et le houx. De belles lavanderaies et des landes à genêts cendrés se sont développées Quelques pelouses à aphyllante apparaissent en sommet. Les flancs sud du sommet présentent de remarquables milieux rupestres à genêt de Lobel.

 

Un paysage agraire relictuel une mémoire des lieux

Les cultures ont cédé la place aux friches vite conquises par la pinède à pins d’Alep sur les versants, à pins sylvestre sur les plateaux d’altitude puis par l’urbanisation pavillonnaire sur les bas versants et dans les vallons. Quelques bergeries évoquent les pâtures à moutons et à caprins sur les replats et les hauts versants.

Dans les vallons et vers Auriol, la trame des restanques strie les piémonts. Elle rappelle la richesse agricole passée avec ses cultures de fruitiers, de câpriers, ses oliviers et son maraîchage.

Les murets, les chemins et le réseau de drailles structurent encore par endroits les versants.

caractérisation
paysagère

La couverture végétale 2006 La couverture végétale  2018

• focus sur les milieux naturels

Le massif de la Sainte-Baume est un vaste massif calcaire dont l’extrémité ouest débute dans les Bouches-du-Rhône. Du point de vue de la biodiversité, ce massif est caractérisé par une importante couverture forestière souvent bien conservée (notamment en ubac) et, comme tous les grands massifs du département, par ses formations rupestres (falaises, lapiaz, éboulis).

Sur le Pic de Bertagne, culminant à 1 042 m d’altitude, s’observe une forte influence climatique montagnarde mise en évidence par la présence d’espèces méditerranéo-montagnardes généralement présentes en Haute-Provence, telles que le genêt de Lobel (Genista lobelii) et la santoline de Provence (Santolina decumbens).

Outre les omniprésents pins d’Alep (Pinus halepnsis) et chênes verts (Quercus ilex), les milieux plus frais ou d’altitude renferment de belles formations forestières à chênes pubescents (Quercus pubescens), houx (Ilex sp) et pins sylvestres (Pinus sylvestris). Quelques vallons frais et humides permettent le développement de formations caractéristiques des bords de cours d’eau (ripisylve) avec des espèces adaptées telles que le narcisse des poètes (Narcissus poeticus), la fougère scolopendre (Asplenium scolopendrium).
C’est notamment le cas du vallon de Saint-Pons, où les formations géologiques de travertin abritent également un large cortège de mousses.

Pour la faune, le grand nombre de parois rocheuses permet l’installation d’espèces rupestres dont les plus remarquables sont l’aigle de Bonelli (Aquila fasciata), le Grand-Duc d’Europe (Bubo bubo), le monticole bleu (Monticola solitarius) et plusieurs espèces de chauves-souris. Le réseau de cavités souterraines offre plusieurs espèces endémiques (araignées et coléoptères). Enfin, la bonne qualité des eaux à leur source (la Sainte-Baume est surnommée le « château d’eau » de la Provence) permet d’abriter l’écrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes) espèce protégée.

Les atouts et fragilités posent les bases des enjeux et des pistes d’actions. Il s’agit de mettre en avant tel composant de paysage ou telle structure dont les transformations pourraient porter atteinte à la qualité et à la valeur de l’unité paysagère.

• Les atouts

  • Un cadre paysager et des panoramas remarquables pour les communes riveraines : La Destrousse, Auriol, Roquevaire jusqu’aux piémonts habités du Garlaban.
  • Un statut de Parc Naturel Régional qui préserve ses milieux et ses habitats.
  • La majesté des formes de reliefs, abrupts calcaires surgissant des moutonnements des forêts et se détachant du ciel par le blanc de ses roches.
  • Des milieux naturels riches d’une biodiversité singulière par rapport au reste du département.

• Les fragilités

  • Des milieux ouverts, dépendants du sylvo-pastoralisme et de l’agriculture, qui se ferment.
  • Une sensibilité au risque incendie.
  • Une urbanisation diffuse qui a fragmenté les piémonts boisés.
  • Des infrastructures énergétiques, lignes haute-tension et très haute-tension, encombrant les vues de leurs câbles, imposant leurs supports et striant les forêts de bandes déboisées, véritables cicatrices paysagères.

• Carte des infrastructures

L’unité paysagère est desservie par deux routes, la RD45a et la RD2. Ces deux axes, étroits et sinueux, donnent accès au cœur de massif depuis Auriol pour la première et depuis Gémenos pour la seconde.

Aux sorties de leurs agglomérations respectives, ces deux voies s’inscrivent dans les couloirs naturels de ce massif au relief ruiniforme. Les vallons ont offert les opportunités de passage pour rejoindre les hauts plateaux. Passés ces vallons escarpés, la route débouche sur de grands espaces ouverts avant de rejoindre le vallon de Vède jusqu’à Auriol.

Le massif de la Sainte-Baume est marqué par de nombreuses lignes haute-tension qui strient son ciel et brouillent les vues, objets incongrus dans un environnement avant tout naturel.

Dynamiques
d'évolution

Occupation des sols en 2006 Occupation des sols en 2019

• occupation des sols

Les centres bourgs des communes sont, par le jeu des limites des unités paysagères, extérieurs à l’unité paysagère. Ils sont intégrés à l’unité voisine de la Vallée de l’Huveaune.

Suivant une logique d’implantation, les nouvelles zones urbaines privilégient les versants les mieux exposés : les adrets du Regagnas et du Garlaban.

C’est ainsi que l’unité paysagère du massif de la Sainte-Baume est préservée car ses versants n’offrent pas les meilleures expositions.

Le nord du massif offre des versants plus adoucis et les fonds plats de vallon notamment celui de Vède, profitant ainsi au développement urbain de la commune d’Auriol. L’urbanisation de cette dernière s’est largement diffusée sur les contreforts du massif et dans le vallon de Vède au détriment des sols agricoles.

Roquevaire a également colonisé les piémonts du massif.

Clé de lecture

Le graphique exprime les évolutions paysagères et urbaines de l’unité paysagère, entre 2006 et 2021.

Il rend compte d’une manière synthétique des évolutions que porte l’unité paysagère.

Le gradient attribué à chaque item est le fruit d’observations de terrain, d’analyses cartographiques et de données.

L’analyse est quantitative.

Dans cet exemple, la surface de la forêt n'a pas évolué.

• fACTEURS d'évolution

C’est une unité paysagère peu habitée qui se caractérise par la naturalité de ses paysages. Les facteurs d’évolution sont ici principalement liés aux dynamiques naturelles des milieux, à leurs pratiques et usages ainsi qu’aux risques qui leur sont associés.

Le massif de la Sainte-Baume est un espace de pratique de loisirs sportifs et récréatifs. Il est aussi l’occasion de tourisme culturel avec ses abbayes et l’Hostellerie de la Sainte-Baume dans la partie varoise du massif, non loin de la limite départementale.

Le principe retenu pour positionner la limite de l’unité paysagère répond à une logique géographique, c’est à dire qu’il considère le massif dans son entièreté, sommets et versants. Ainsi la limite est posée en pied de versant. Les centres bourgs des trois communes de l’unité paysagère (Auriol, Gémenos et Roquevaire) sont extérieurs à son périmètre mais leurs urbanisations périphériques occupent les piémonts du massif.

Les facteurs d’évolution sont principalement :

  • Les dynamiques des milieux.
  • Le risque incendie.
  • Le sylvo-pastoralisme.
  • L’urbanisation diffuse des piémonts.
  • Le tourisme.

Comme pour les autres unités paysagères caractérisées par leurs espaces de nature, les évolutions s’expriment dans des temporalités différentes : lentes quand il s’agit de temps biologiques ou brutales après le passage d’un incendie.

Le massif de la Sainte-Baume est relativement épargné des feux de forêt.

• Les dynamiques urbaines

Les données démographiques révèlent une hausse de la population, dont un des corollaires est l’augmentation de la tâche urbaine.

La population de l’unité paysagère a augmenté de 13% passant de 17 324 habitants en 2006 à 19 606 en 2020*. Les extensions urbaines se sont faites en périphérie des centres historiques, occupant notamment les versants des massifs. Cependant cette urbanisation s’est surtout opérée sur les adrets du Massif du Regagnas et du Garlaban, mieux exposés, préservant ainsi les pentes de la Sainte-Baume.

Les documents d’urbanisme classent les espaces forestiers entourant les zones urbaines périphériques en Espaces Boisés Classés figeant ainsi les possibles extensions. À Roquevaire, dont une partie se situe en ubac du massif, le classement en zone Nh (zone rurale comprenant des constructions) proscrit toute nouvelle construction. Seuls le vallon de Vède, les lieux-dits du Braou et de Bassan à Auriol offrent des opportunités foncières.

Le modèle reste celui de la maison individuelle sous pinède. L’environnement boisé est très souvent recherché pour la qualité de vie qu’il offre.

Impacts

  • Mitage des versants boisés, imperméabilisation des sols, ouvrages de soutènement, extension du maillage viaire..
  • Consommation de surfaces boisées et recul des marges de débroussaillement obligatoire.
  • Exposition au risque incendie.

* source INSEE 2006 avec mise à jour en 2009 et chiffres de décembre 2020

• Les dynamiques économiques

L’agriculture

Le Schéma de Cohérence Territorial du Pays d’Aubagne et de l’Étoile place, comme l’un de ses objectifs, le maintien d’une agriculture dynamique. Mais elle reste résiduelle et en déclin, ne subsistant que dans le vallon de Vède sur la commune d’Auriol. La principale activité est le sylvo-pastoralisme. Les hauts plateaux offrent des zones de parcours. Les actions du Parc Naturel Régional et du Schéma de Cohérence Territorial portent cette activité pour le dynamisme du territoire et son rôle actif dans la gestion du risque incendie.

Impacts

  • Maintien et restauration des milieux ouverts d’altitude.
  • Gestion du risque incendie.

 

Le tourisme

Le massif de la Sainte-Baume est un haut lieu de randonnée pour des marcheurs aguerris qui emprunteront le GR 98 ou le GR 2013. Le Pic de Bertagne permet la pratique de l’escalade. Le tourisme peut être aussi familial notamment au cœur du domaine de Saint-Pons. Ce site fait partie des Parcs Départementaux, aménagé pour l’accueil du public. Il se découvre par des sentiers ombragés traversant des sous-bois, des prairies. Longeant le Fauge, le cours d’eau permet de profiter des espaces de fraîcheur.

Le site raconte, par ses vestiges, des occupations anciennes : l’usine de pâte à papier du Paradou et l’abbaye cistercienne de Saint-Pons du XIIe siècle, abandonnée au XIVe siècle.

Cependant l’activité touristique, l’activité sur la Sainte-Baume reste modérée en comparaison de celle d’autres massifs comme celui de la Sainte-Victoire ou des Calanques. Une nuance est à apporter pour la vallée de Saint-Pons dont l’affluence certains jours témoigne de son attrait.

Impacts

  • Affluence de véhicules aux abords des départs de randonnée ou des espaces de loisirs comme la forêt de Saint-Pons.
  • Dégradations de certains milieux par la fréquentation.

 

Les énergies renouvelables

Le développement des énergies renouvelables transforme les paysages avec la création de parcs photovoltaïques. Le projet le plus notoire, que ce soit en termes de surface ou de capacité de production, est le parc photovoltaïque installé en contrebas de la route menant à Riboux. Cette implantation préserve de vues directes sur la zone mais elle a nécessité des opérations de défrichement.

Impacts

  • Opérations de défrichement nécessaire à l’implantation et transformation des milieux et habitats naturels.

 

• Les dynamiques des milieux naturels

Les forêts et prairies

Les milieux forestiers, prairies d’altitude et garrigues évoluent dans leurs cycles naturels : vieillissement, régénération spontanée… Il faut évoquer l’impact positif des pratiques pastorales dans le maintien des espaces ouverts. Ces évolutions sont lentes, mais peuvent s’accélérer suite à des aléas tels que des incendies, qui transforment alors brutalement les milieux naturels. Le massif de la Sainte-Baume n’a pas connu, contrairement à d’autres massifs, de grands incendies destructeurs. L’évolution la plus notable est ici le développement de la forêt. Ce processus est la conséquence du recul des pratiques pastorales et du déclin de l’agriculture.

Impacts

  • Fermeture des milieux.
  • Diminution de la biodiversité.

Les projets futurs identifiés en 2006,
qu'en est-il en 2021 ?

 

Poursuite de l’urbanisation dans les vallons et sur les piémonts de restanques et jusque dans les hauts vallons : extensions possibles limitées par les PLU.

enjeux &
pistes d'action

Les évolutions constatées permettent d’établir les enjeux. Les enjeux sont les aspects des évolutions qui préoccupent les acteurs du territoire, les gestionnaires et/ou les populations.

Sensibilité visuelle

Une perception lointaine importante. Le massif de la Sainte-Baume, élément structurant majeur du paysage du Var et de l’est des Bouches-du-Rhône, forme l’horizon continu du littoral entre La Ciotat et Bandol.

Il domine les lointains au sud du Pays d’Aix et du bassin de Saint-Maximin. Le Pic de Bertagne est l’un des sommets les plus caractéristiques de la chaîne centrale. Sa silhouette se signale à l’arrière-plan de Marseille.

 

Une perception proche caractérisée par des liens de covisibilité importants avec les unités de paysage voisines

Routes et belvédères ménagent des effets de découverte et des panoramas sur la vallée de l’Huveaune jusqu’à Marseille, sur le Pays d’Aix, sur le Garlaban et sur le Regagnas. Le versant ouest, en arrière-plan de la plaine d’ Aubagne à Gémenos et de la vallée de l’Huveaune, présente un enjeu paysager majeur car il est fortement perçu. Il en est de même au sud où la chaîne centrale domine Cuges-les-Pins et le plan de Camp-du-Castellet. Les fortes pentes des versants et cette position en belvédère confèrent aux sites une très grande vulnérabilité aux aménagements.

 

Une composition paysagère exceptionnelle

L’unité de paysage présente dans son ensemble une sensibilité majeure en cas de changements d’affectation des sols. On note en particulier :

  • Un paysage géomorphologique puissant et contrasté, des paysages exceptionnels de montagne méditerranéenne,
  • Un couvert végétal pittoresque qui présente un intérêt écologique exceptionnel,
  • Une pratique de l’espace très ancienne, l’ensemble de l’unité jouissant d’une image attractive, symbolique et sacrée.

Le paysage des versants boisés

Les documents de planification urbaine ont en grande partie circonscrit les possibles extensions urbaines.

Les constructions à vocation d’habitat ont été à l’origine de la disparition d’un vocabulaire paysager associé aux pratiques agricoles : restanques, canaux d’irrigation. Le PNR de la Sainte-Baume a établi une Charte Forestière du Territoire définissant les actions nécessaires à la valorisation des espaces forestiers.

  • Le morcellement du couvert forestier.
  • La fragmentation des boisements par l’urbanisation diffuse et banalisation des paysages par des formes standardisées.
  • Exposition au risque incendie des habitations sous pinède ou proches des espaces forestiers.

 

La régression de l’activité agricole

La fermeture des paysages avec le recul des pratiques pastorales et la disparition progressive des cultures fait disparaître la mosaïque agricole.

  • Perte de diversité des motifs paysagers.
  • Disparition d’ouvrages emblématiques des pratiques agricoles comme les restanques.
  • Baisse de la biodiversité.

 

Les infrastructures énergétiques

Le massif de la Saint-Baume est traversé par des lignes HT et THT, essentielles d’enjeu local (ligne Aubagne/Enco de Botte), et régional pour les lignes Le Castellet/Enco de Botte et Réaltor/Néoules.

  • Altération des vues et panoramas avec l’accumulation de supports et de câbles.
  • Cicatrices paysagères des bandes déboisées imposées par ces lignes.
Les périmètres de protection en 2021

Soutenir et valoriser le sylvo-pastoralisme pour le gain dans l’entretien des paysages et la gestion du risque incendie

Aider les éleveurs en place et accompagner les nouveaux projets.

Maintenir des surfaces suffisantes aux parcours ou les créer si nécessaire.

Faciliter la mise en place d’équipements/bergeries, nouvelles zones de parcours…

 

Valoriser l’agriculture pour son rôle dans l’entretien des paysages et le maintien de la qualité paysagère

Encourager une agriculture diversifiée qui participe à la multiplicité des paysages.

Préserver / reconstituer les trames paysagères associées aux pratiques agricoles : haies, canaux…

Soutenir l’agriculture de proximité pour la reconstitution des circuits courts.

Encourager la reconversion de friches en cultures.

Accompagner les équipements nécessaires à l’activité agricole : hangars, serres… dans leur forme, dimensions, matériaux…

Encourager la réhabilitation des bâtiments d’exploitation traditionnels et la préservation des petits éléments : puits, cabanons, murs en pierre…

Accompagner la découverte des grands espaces de nature

Poursuivre l’accueil des visiteurs selon les actions engagées par les Parcs Nationaux, Parcs Naturels Régionaux, le Conseil Départemental avec le label des Parcs et Domaines Départementaux…

Informer, communiquer pour faire connaître et respecter les milieux et habitats naturels y compris au sujet des PEE (information des gestionnaires et des riverains)

Aménager pour préserver les milieux des dégradations liées à la fréquentation et aux pratiques de loisirs : piétinement, déchets, sentes sauvages…

Privilégier l’accès aux espaces de loisirs par des moyens alternatifs à la voiture : modes doux, navettes… pour limiter les besoins en aires de stationnement notamment.

Accompagner le développement de l’habitat individuel

Avoir une gestion économe des sols et encourager des formes urbaines compactes.

Limiter l’effet « mitage » des boisements en pensant densité et forme.

Assurer l’inscription des nouvelles constructions dans la pente pour éviter des terrassements « cicatrices ».

Promouvoir une qualité architecturale conforme à l’identité locale pour éviter la répétition d’un modèle standardisé.

Assurer la préservation des caractères architecturaux en évitant des matériaux et des couleurs étrangers aux palettes locales.

Aménager les interfaces avec les milieux forestiers pour assurer leur préservation.

Composer un paysage valorisant pour les zones d’activités économiques et repenser les logiques marchandes, commerciales et fonctionnelles

Assurer un traitement qualitatif des abords (parking, aires de stockage et de manutention) et des interfaces.

Recoudre avec le tissu urbain environnant.

Travailler les marges de recul tout en conciliant le besoin d’être vu.

Gérer la signalétique (enseignes et pré-enseignes, panneaux publicitaires), par un Règlement Local de Publicité et selon la charte du plan de paysage du PNR de la Sainte-Baume.

Avoir une exigence architecturale pour les bâtiments afin d’éviter le prototype et concilier les chartes des enseignes.

Département des bouches-du-rhône - Copyright © 2022

Hôtel du Département  – 52 avenue de Saint Just, 13 256 Marseille Cedex 20