identité
paysagère

Malgré des reliefs moins spectaculaires que ceux des massifs de la Sainte-Victoire et de la Sainte-Baume, le massif du Regagnas tient sa place dans les paysages des Bouches-du-Rhône.

Dimensions
14 km d'est en ouest et 8 km du nord au sud
Altitude maximale
810 m pour le Mont Olympe et 880 m pour le Mont Aurélien dans le Var
Altitude minimale
200 m à la Destrousse, sortie autoroute
Superficie
92 km²
Population
8 291 habitants
(Insee 12/2020)
Relief
massif calcaire

Massif intermédiaire entre la Sainte-Victoire et la Sainte-Baume, il installe les premiers plans et les belvédères sur ces ensembles. L’unité paysagère s’impose par la naturalité de ses paysages situés à distance des grandes agglomérations.

Le massif offre le calme de ses espaces forestiers, étendus majoritairement sur les communes de Trets et Peynier, et de ses groupements d’habitations qui ont su conserver leur caractère de village comme Belcodène.

La Bouilladisse est la commune au centre urbain le plus développé de l’unité paysagère. Elle rassemble les commerces et équipements tout en gardant son ambiance villageoise. La commune a profité de son implantation sur le tracé de la RD96 qui relie Marseille à Aix-en-Provence via Aubagne. C’est elle qui rassemble la majeure partie de la population de l’unité paysagère.

L’atlas des paysages de 2006 décrit ainsi l’unité paysagère :

La ligne sombre des reliefs qui ferme l’horizon au sud-est de la haute vallée de l’Arc est dominée par la pyramide du Mont Aurélien à laquelle répond l’échine pelée du Mont Olympe.

Le massif est en avant-plan de la barre régulière de la Sainte-Baume.

Il sépare la haute vallée de l’Arc de la vallée de l’Huveaune et s’étire dans le Var.

Le mont Aurélien, point culminant en belvédère sur le pays d’Aix et le bassin de Saint-Maximin, donne sa physionomie et son identité à l’unité de paysage.

Communes

Belcodène
La Bouilladisse
Partiellement
Auriol, Fuveau, La Destrousse, Peynier et Trets

Premières impressions

Les paysages minéraux tourmentés du cœur du massif contrastent avec les paysages plus bucoliques des petits bassins cultivés au cœur des pinèdes, avec les villages disposés en couronne et un semis d’habitat dispersé sur les piémonts.

Des sommets, le regard découvre la montagne Sainte-Victoire et la haute vallée de l’Arc, les plaines et les bassins du pays d’Aix. A l’horizon, on aperçoit le massif de l’Arbois et l’éclat scintillant de l’étang de Berre.

Au sud, le regard plonge sur la vallée de l’Huveaune dominée par la masse oppressante de la Sainte-Baume.

 

Regard sur le massif du Regagnas

Espace de transition entre le massif de la Sainte-Victoire et celui de la Sainte-Baume, le massif du Regagnas est perçu comme une marche.

Ce belvédère sur ces deux sites majeurs est connu :
« D’ici (le Regagnas), la Montagne (Sainte-Victoire) avec sa fantastique voilure de rochers blancs est comme un vaisseau fantôme en plein jour »… s’exclame Jean Giono

Couleurs de l'unité

Noir et vert sombre des pinèdes jouent avec les verts et jaunes des chênes, les gris, les ocres et les roux des garrigues, dominés par les blancs et les gris clair des falaises. Camaïeux de jaune, ocre, brun, gris-vert, vert tendre des parcelles cultivées. Ocre, rose, gris, blanc des constructions…

sous-unités
paysagères

Les sous-unités paysagères individualisent des paysages qui composent une unité paysagère et font valoir des spécificités au sein de l’unité.

structureS
paysagèreS

Un paysage géomorphologique puissant donne sa silhouette caractéristique au massif

Le massif constitue une « dépendance structurelle » de la Sainte-Baume. Le paysage minéral tourmenté compose un ensemble saisissant. La longue falaise blanche du mont Aurélien puis les rochers du mont Olympe inscrivent leur silhouette caractéristique sur le ciel. Les versants pentus contrastent avec le moutonnement désordonné des petites collines et des plateaux du nord-ouest et de l’ouest. Ils dominent l’Huveaune au sud en abrupts vertigineux.

 

Le paysage végétal spontané

Le paysage végétal s’étage en fonction de l’altitude depuis les espaces dénudés des sommets, la garrigue rase dégradée des versants ponctuée de chênaies blanches et vertes, puis les pinèdes à pins d’Alep. De belles pinèdes couvrent les plateaux à l’ouest.

 

Un paysage agraire patrimonial

Les terroirs encore cultivés occupent une succession de petites cuvettes et de plans entre les pinèdes au nord du massif. Les vignes, les oliviers et les vergers en contrebas, les lavandes vers Belcodène animent encore le paysage. Le patrimoine paysager rural, riche, laisse apparaître les vestiges des mises en valeur d’antan. Les versants étaient jadis striés par les restanques cultivées, remises à jour par les incendies, comme sur le site de Sauveclare à Auriol. Les restanques, les chemins et les murets, les mas isolés, les bories, les oratoires et les chapelles sont la mémoire du paysage rural traditionnel.

 

Le paysage bâti

Quelques hameaux, Kirbon, Les Michels ponctuent les collines. Les villages, perchés sur un léger éperon ou une éminence, développent un tissu ancien radio-concentrique autour de l’église et de sa place. L’ermitage de Saint-Jean-du-Puy sur la crête au-dessus de Trets, la chapelle de Valvenne au pied du mont Olympe marquent le paysage.

 

Le réseau viaire

Le massif est traversé et parcouru par un réseau de routes, de chemins et de pistes. Les routes passent souvent dans les boisements et sont ainsi encadrées de pins.

caractérisation
paysagère

La couverture végétale 2006 La couverture végétale  2018

• focus sur les milieux naturels

Le massif du Regagnas constitue un vaste ensemble essentiellement boisé. Massif calcaire, les formations rupestres (falaises, lapiaz, éboulis) y sont toutefois plus discrètes qu’ailleurs dans le département.

Outre les omniprésents pins d’Alep (Pinus halepensis) et chênes verts (Quercus ilex), les milieux plus frais ou d’altitude renferment de belles formations forestières à chênes pubescents (Quercus pubescens) et pins sylvestres (Pinus sylvestris). Si la dominance des calcaires durs est la norme dans cette unité paysagère, on y trouve malgré tout des affleurements de substrats décalcifiés sur les piémonts nord du Mont Olympe qui permettent la présence locale d’espèces silicoles des maquis méditerranéens comme la bruyère arborescente (Erica arborea) ou la bruyère à balai (Erica scoparia).

Le massif du Regagnas tient un rôle essentiel dans les fonctionnalités écologiques des écosystèmes de Basse-Provence. Il permet d’assurer les continuités écologiques entre les secteurs du littoral marseillais (les Calanques, les massifs du Garlaban, de l’Étoile et de la Sainte-Baume), le complexe de la Sainte-Victoire et la Haute-Provence (Haut Var, Préalapes).

Au niveau de la faune, le massif est l’unique station française d’un escargot : la luisantine des oliviers (Zonitoides nitidus).

Il s’agit d’une population relique d’une espèce considérée comme endémique du nord-ouest de l’Italie.

Les atouts et fragilités posent les bases des enjeux et des pistes d’actions. Il s’agit de mettre en avant tel composant de paysage ou telle structure dont les transformations pourraient porter atteinte à la qualité et à la valeur de l’unité paysagère.

• Les atouts

  • Des espaces de nature forestiers préservés.
  • Une agriculture encore présente avec ses éléments de petit patrimoine : restanques, bories et cabanons.
  • Des formes urbaines villageoises préservées.
  • Des panoramas uniques sur la montagne Sainte-Victoire, le massif de la Sainte-Baume et de l’Étoile ainsi que la haute-Vallée de l’Arc.

 

• Les fragilités

  • Une sensibilité au risque incendie avec son couvert forestier.
  • L’urbanisation des communes riveraines se diffusant sur les versants.
  • Une tendance à la standardisation de l’habitat.

• Carte des infrastructures

Le schéma viaire d’une unité paysagère peut expliquer les évolutions urbaines et dynamiques. Les routes qui sillonnent le massif du Regagnas ont un profil et un tracé imposés par le relief. Elles sont, pour la plupart, étroites et sinueuses. Elles épousent les courbes du relief et s’intègrent sous un couvert forestier.

Au cœur de l’urbanisation, c’est tout un réseau de petites voies qui dessert les habitations, très souvent en impasse, témoin de la diffusion de l’habitat au gré des opérations immobilières.

L’A52 emprunte le vallon du Merlançon dans sa partie sud puis poursuit son tracé vers la vallée de l’Arc dans un relief plus accueillant. Cependant les talus qui l’encadrent entre La Bouilladisse et Fuveau témoignent du passage en force de cet ouvrage dans le relief. Pour supporter le trafic toujours plus dense, des travaux d’élargissement ont été réalisés entre Pont-de-l’Étoile et La Destrousse, achevés en 2019. Un nouvel échangeur est aussi en cours de réalisation au niveau de Belcodène, pour alléger le trafic supporté par les communes de La Destrousse et de La Bouilladisse et pour assurer la desserte des zones d’activités de Peynier-Rousset. Si les motivations d’un tel ouvrage sont justifiées au regard des flux de circulation (l’axe Aubagne/La Bouilladisse est particulièrement emprunté, avec une moyenne de 18000 véhicules aux heures de pointe*), les impacts sur les milieux et les paysages sont énormes.

Conjointement, le projet de Val’Tram est relancé. Il mettra à disposition un moyen de transport en site propre entre Aubagne et La Bouilladisse et répond aux engagements de la Métropole Aix-Marseille-Provence de développer une alternative au tout-voiture, lui donnant aussi l’occasion de rattraper son retard dans son réseau de transports en commun (se reporter à la fiche thématique « Les mobilités »). L’enjeu de ce projet est important dans sa fonction de liaison entre des grands bassins d’emplois. Il utilisera le tracé de l’ancienne voie ferrée Valdonne/Aubagne, ce qui limite grandement l’impact de cet aménagement. Il sera un facteur d’évolution majeur pour les communes sur son tracé et leurs paysages.

Dynamiques
d'évolution

Occupation des sols en 2006 Occupation des sols en 2019

• occupation des sols

Les cartes ci-dessus montrent le caractère naturel de l’unité paysagère avec la prédominance des espaces forestiers et de prairie.

Les évolutions se portent sur les parties orientales et occidentales de l’unité paysagère avec, à l’ouest, un développement urbain marqué à Belcodène et sur la portion de Fuveau qui empiète sur l’unité paysagère.

Autre processus d’évolution : la fragmentation des vignobles de Trets et l’augmentation de la surface en prairie, conséquence de l’incendie qui a touché les hauts de Trets. Les données sur les incendies révèlent des surfaces touchées plutôt modérées mais la récurrence de ces épisodes est un phénomène qui peut porter préjudice aux milieux naturels dans leur capacité de régénération spontanée.

Il faut noter l’incendie d’avril 2021 qui a touché le Pinchinier sur les hauteurs d’Auriol  (se reporter à l’unité paysagère « La vallée de l’Huveaune« ).

Clé de lecture

Le graphique exprime les évolutions paysagères et urbaines de l’unité paysagère, entre 2006 et 2021.

Il rend compte d’une manière synthétique des évolutions que porte l’unité paysagère.

Le gradient attribué à chaque item est le fruit d’observations de terrain, d’analyses cartographiques et de données.

L’analyse est quantitative.

Dans cet exemple, la surface de la forêt n'a pas évolué.

• fACTEURS d'évolution

L’unité paysagère du massif du Regagnas se caractérise par ses vastes espaces forestiers et ses communes qui ont conservé leur caractère villageois. Espace préservé d’urbanisations denses, le massif a une position stratégique. Il met à disposition ses espaces de nature et un cadre de vie privilégié à portée de grands bassins d’emplois que sont la zone industrielle de Rousset-Peynier et le secteur d’activités d’Aubagne notamment.

L’autoroute A52 a rapproché ces zones d’emplois et ceci laisse entrevoir la pression urbaine qui peut s’exercer sur les paysages de l’unité paysagère. Les documents d’urbanisme des deux communes, Belcodène et La Bouilladisse, donnent la possibilité de nouvelles urbanisations à vocation d’habitat dans l’emprise des zones habitées actuelles ; les zones agricoles sont maintenues mais cet équilibre est fragile.

Les évolutions sont ici associées au développement des infrastructures de déplacement et aux risques qui pèsent sur les espaces forestiers dont la fragilité face au risque incendie est connue.

L’analyse diachronique entre 2006 et 2020 ne montre pas d’évolutions marquées mais le massif ne bénéficiant d’aucun périmètre de protection, exceptés les Espaces Boisés Classés et les zones classées
N (zone Naturelle) de ses Plans Locaux d’Urbanisme, la question de la préservation de ses paysages doit être posée.

Les facteurs d’évolution sont :

  • Les infrastructures de déplacement.
  • Le risque incendie.
  • L’urbanisation des communes riveraines, Peynier, Fuveau et Trets.
  • L’agriculture.

Les documents d’urbanisme confirment dans l’ensemble les limites de l’urbanisation actuelle ainsi que les zones agricoles. La création de l’échangeur autoroutier de Belcodène et le projet de Val’Tram sont des facteurs d’évolution importants dans ce qu’ils peuvent engager comme apport de nouvelles populations.

• Les dynamiques urbaines

Les dynamiques urbaines

C’est une unité paysagère avant tout naturelle mais elle connaît néanmoins un développement urbain autour de ses noyaux villageois. Le relief chaotique du cœur de massif le protège d’une anthropisation.

Cependant, l’évolution démographique est importante. La population de Belcodène et La Bouilladisse a augmenté de 14 % passant de 7258 habitants en 2006 à 8 291 en 2020*. La hausse est plus marquée à Belcodène. L’autoroute A52 a rapproché géographiquement les grands bassins d’emploi et offre aux populations le calme d’un cadre de vie dans un environnement boisé et villageois.

La conséquence sur les paysages est la diffusion de l’habitat individuel qui vient fragmenter les ensembles forestiers ou consommer des terres agricoles. L’unité paysagère subit également la pression de ses communes riveraines, implantées en dehors de son périmètre comme Fuveau, Peynier, Trets et Auriol au sud. Les versants du massif offrent à ces communes de nouveaux espaces libres potentiellement constructibles.

Les espaces de nature sont à ce jour préservés par les documents de planification urbaine au travers des zonages N (zone Naturelle) et EBC (Espace Boisé Classé).

Impacts :

  • Consommation des sols cultivés.
  • Consommation des espaces forestiers en limite d’urbanisation.
  • Imperméabilisation des sols.
  • Augmentation du maillage viaire, très souvent en impasse.

 

• Les dynamiques économiques

L’agriculture

L’agriculture est réservée aux quelques fonds de vallon qui mettent à disposition des terres cultivables. Les espaces cultivés sont rares. La vigne est la culture dominante suivie de celle de l’olivier. Les vignobles appartiennent à l’appellation « Côtes de Provence Sainte-Victoire ». Le reste des parcelles dévolues aux activités agricoles est couvert de prairies de fauche. Les lieux-dits de Kirbon et Saint-Michel, sur la commune de Trets, ont conservé leur vocation agricole. La Pastorale du Regagnas à Kirbon est une ferme pédagogique valorisant l’élevage de chèvres et de fabrication de fromages sous l’appellation « brousse du Rove ».

L’activité d’élevage caprin est assez dynamique ; il faut aussi noter plusieurs fermes équestres. Ces zones de pâtures participent à l’entretien des paysages.
Plusieurs parcelles sont recensées comme sans production. Ce statut interroge sur leur pérennité quand l’extension urbaine se fait souvent au détriment des terres cultivées.

Impacts

  • Altération de la mosaïque agricole.
  • Embroussaillement et enfrichement des parcelles non mises en culture.

 

Les infrastructures de déplacement

Le développement d’infrastructures de déplacement peut être à l’origine de mutations affirmées des paysages. Par les facilités d’accès qu’elles offrent, elles mettent à disposition des espaces jusqu’alors préservés, notamment pour de nouvelles zones habitées. Il y a eu en 2019 l’élargissement à 2 x 3 voies de l’A52 entre Pont de l’Étoile et La Destrousse afin de répondre aux besoins d’un trafic routier toujours plus dense. De nouveaux travaux de talutage ont entamé les pentes ; des murs de soutènement et acoustiques ont été réalisés transformant les abords de l’autoroute, plus prégnants aujourd’hui dans le paysage.

À ce jour, deux projets majeurs sont en cours, différenciés par leur état d’avancement :

  • L’échangeur de Belcodène sur l’A52 dont la mise en service est prévue fin 2021 ou début 2022.
  • Le projet de Val’Tram entre Aubagne et La Bouilladisse, encore en phase projet.
    L’échangeur de Belcodène va non seulement faciliter l’accès de la commune mais aussi des zones d’activités de Rousset-Peynier. Il faut aussi considérer les aménagements connexes comme les voies d’accès, ronds-points. Ces ouvrages auront des impacts paysagers importants.

Impacts

  • Terrassements monumentaux.
  • Destruction de surfaces forestières.
  • Artificialisation des abords.
  • Construction d’ouvrages de soutènement et acoustiques.

• Les dynamiques des milieux naturels

Les boisements évoluent dans leurs cycles biologiques et naturels. Le recul de l’agriculture a donné lieu à l’enforestation de certaines parcelles et à la fermeture des milieux.

L’activité d’élevage est un moyen de limiter l’expansion de la forêt et de gérer le risque incendie. Elle est encore présente à ce jour et permet l’entretien des milieux ouverts.

Impacts

  • Augmentation de la surface des forêts.
  • Densification du couvert forestier.

Les projets futurs identifiés en 2006,
qu'en est-il en 2021 ?

Tendance à la poursuite d’une urbanisation diffuse
processus toujours en cours.

enjeux &
pistes d'action

Les évolutions constatées permettent d’établir les enjeux. Les enjeux sont les aspects des évolutions qui préoccupent les acteurs du territoire, les gestionnaires et/ou les populations.

Des sites en belvédère et une forte perception visuelle

Depuis la haute vallée de l’Arc : le massif ferme l’horizon,

Depuis la vallée de l’Huveaune : les versants forment le premier plan du paysage,

Depuis la Sainte-Baume dont le massif constitue le contrefort nord.

 

Les grandes structures paysagères

La chaîne centrale est caractérisée par un couvert végétal continu de boisements et une géomorphologie génératrice d’un paysage minéral avec de fortes pentes et des abrupts rocheux.

Le glacis des reliefs nord : collines basses, bosquets de pinèdes et petits bassins cultivés forment un maillage parcouru d’un réseau dense de routes, chemins et sentiers. Ce sont des espaces très accessibles, avec peu de contraintes topographiques et donc aisément aménageables. La proximité de Marseille et d’Aix-en-Provence par l’autoroute génère une forte pression foncière autour des villages.

La zone d’activité de la plaine de Rousset crée également des besoins en matière d’habitat.

Les extensions urbaines se développent au détriment des pinèdes et des terroirs en friche et dans les petites cuvettes intérieures jusqu’aux premiers versants de grande sensibilité visuelle.

 

Les éléments majeurs de la composition paysagère

Le paysage minéral des crêtes et leur couvert végétal.

Les belvédères et les covisibilités avec les espaces environnants.

Les sites patrimoniaux dispersés, chapelles, oratoires…

Le site des villages : Belcodène, La Bouilladisse et leur morphologie urbaine.

 

Une grande sensibilité au risque d’incendie

Une sensibilité très forte vis à vis de l’implantation d’éoliennes

Le développement des infrastructures de déplacement

Les nouveaux ouvrages évoqués plus haut et principalement l’échangeur de Belcodène rendent plus attractifs les espaces villageois de Belcodène et La Bouilladisse. Le cadre paysager et le prix du foncier donnent une valeur à des lieux de plus en plus convoités, ceux d’un mieux-vivre, loin des grands centres urbains, tout en étant à portée de voiture de zones d’emplois. Bien que les PLU confirment les limites actuelles de l’urbanisation, au cœur de celles-ci subsistent des parcelles à bâtir.

  • Rapprochement géographique des zones d’emplois.
  • Attractivité pour de nouvelles populations.
  • Pression urbaine sur les zones à urbaniser voire agricoles et naturelles.
  • Densification des zones habitées actuelles.
  • Préservation des alignements d’arbres en ville et le long des routes.

 

Le développement du couvert forestier

Bien que ce processus soit naturel, l’augmentation de la surface forestière comporte plusieurs enjeux quant à la qualité des paysages et aux risques associés. Le couvert forestier recouvre parfois des ouvrages, comme des murs en pierres sèches. Les racines des arbres peuvent les endommager.

  • Perte de lecture d’éléments de relief.
  • Fermeture de panoramas et de dégagements visuels.
  • Augmentation du risque incendie.

 

Le paysage des collines

Dans sa partie nord, le massif du Regagnas est un paysage de collines adoucies et de plateaux. L’afflux de nouvelles populations crée des besoins en logements. L’habitat est individuel et diffus. Les effets sur les paysages sont pluriels :

  • Mitage des versants, souvent boisés, par l’habitat individuel.
  • Banalisation des caractères architecturaux avec la répétition de modèles standardisés et de caractères architecturaux étrangers aux palettes locales comme l’usage d’enduits blancs et d’ouvertures anthracites.
  • Densification du maillage viaire nécessaire à la desserte des nouveaux quartiers.
  • Imperméabilisation des sols et des pentes boisées, perturbant le cycle naturel de l’eau, aggravant les phénomènes de ruissellement et augmentant les risques d’inondation.
  • Exposition au risque incendie par la proximité habitat / forêt sans espace tampon ni traitement des interfaces.

Le paysage des collines compose le cadre paysager recherché.

 

L’activité agricole

Si l’agriculture est relativement confidentielle, elle tient un rôle important dans l’entretien des paysages et la lisibilité des formes de relief.

Elle préserve le charme des petits vallons cultivés et participe à l’entretien des éléments de patrimoine vernaculaires : restanques en pierres sèches, bories, chemins… La déprise agricole enclenchée fait craindre pour la pérennité de ces paysages agraires, bien que les documents d’urbanisme préservent les surfaces agricoles.

  • Lisibilité des formes du relief.
  • Gestion du risque incendie.
  • Mémoires d’un paysage rural et de pratiques culturales.
Les périmètres de protection en 2021

Soutenir et valoriser le sylvopastoralisme pour le gain dans l’entretien des paysages et la gestion du risque incendie

Aide aux éleveurs,

Maintenir des surfaces de parcours suffisantes,

Faciliter la mise en place d’équipements/bergeries, nouvelles zones de parcours…

 

Accompagner le développement de l’habitat individuel

Limiter l’effet « mitage » des boisements en pensant densité et forme.

Assurer l’inscription des nouvelles constructions dans la pente pour éviter des terrassements « cicatrices ».

Garantir une atteinte moindre aux sols et porter une attention particulière à la préservation du cycle naturel de l’eau.

Promouvoir une qualité architecturale conforme à l’identité locale pour éviter la répétition d’un modèle standardisé.

Aménager les interfaces avec les milieux forestiers pour assurer leur préservation.

Accompagner le développement des infrastructures routières

Assurer l’insertion dans le relief et le paysage des nouvelles infrastructures et ouvrages : raisonner les terrassements, penser les travaux de cicatrisation par la replantation d’espèces locales et méditerranéennes.

Veiller à la qualité des ouvrages connexes : voies d’insertion, giratoires, murs anti-bruit, équipements de protection…

Préserver les massifs forestiers

Veiller à des aménagements de lutte contre les incendies mieux intégrés au paysage : pistes DFCI, citernes…

Gérer les accès au site et renforcer les campagnes de sensibilisation.

Maintenir des espaces tampon entre les zones habitées et les boisements : prairies, parcelles cultivées…

Encadrer et surveiller l’entretien des forêts privées.

Préférer des principes de replantation aléatoires et proscrire les plantations en ligne.

Valoriser l’agriculture pour son rôle dans l’entretien des paysages et le maintien de la qualité paysagère

Encourager une agriculture diversifiée qui participe à la multiplicité des paysages.

Soutenir l’agriculture de proximité pour la reconstitution des circuits courts.

Encourager la reconversion de friches en cultures.

Accompagner les équipements nécessaires à l’activité agricole : hangars, serres… dans leur forme, dimensions, matériaux…

Encourager la réhabilitation des bâtiments d’exploitation traditionnels et la préservation du petit patrimoine bâti ou vernaculaire : puits, cabanons, murs en pierre…

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