identité
paysagère

L’atlas des paysages de 2006 rassemblait dans une vaste unité paysagère la ville d’Aix-en-Provence et ses territoires associés, dont le plateau qui surplombe la ville au nord.

Dimensions
15,30 km d'est en ouest et 8,20 km du nord au sud.
Altitude maximale
348 m, église de Couteron
Altitude minimale
170 m, au pied d'Éguilles
Superficie
78,10 km²
Population
154 381 habitants
(Insee 12/2020)
Relief
plateau

Identifié alors comme la sous-unité paysagère du plateau de Puyricard, cet ensemble géographique et paysager se distingue par sa configuration de plateau mais aussi par ses motifs paysagers qui le différencient de l’agglomération d’Aix-en-Provence.

Le plateau de Puyricard devient ainsi l’unité paysagère du plateau d’Aix qui rassemble le plateau de Puyricard et les contreforts d’Eguilles.

Le rebord du plateau correspond à la limite entre deux ensembles géologiques de calcaires marins et se lit dans le paysage par une pente marquée depuis Eguilles vers Célony pour se retourner en direction du nord-est et Venelles.

Un espace tabulaire s’est ainsi formé, adossé à la chaîne de la Trévaresse.

L’Homme a su exploiter le potentiel de ces terres exposées au sud en y cultivant la vigne. Les nombreux domaines et châteaux témoignent de la prospérité de cette culture. L’unité paysagère du plateau d’Aix devient la représentation de la campagne aixoise.

Ce plateau en surplomb du bassin d’Aix-en-Provence offre aussi de larges panoramas sur la montagne Sainte-Victoire et sur la plaine des Milles depuis Eguilles.

La proximité d’Aix-en-Provence, son cadre paysager et ses panoramas exceptionnels l’ont rendu très attractif et aujourd’hui le plateau d’Aix reçoit l’urbanisation pavillonnaire aixoise.

Communes

Éguilles
Aix-en-Provence
Partiellement
Saint-Cannat. Il faut aussi noter que de l’urbanisation d’Aix-en-Provence, seuls les quartiers de Puyricard et Célony appartiennent à l’unité paysagère.

Premières impressions

Évoquer le paysage aixois fait surgir les images emblématiques d’une campagne où bastides, cyprès, oliviers et pinèdes se détachent sur l’horizon de la montagne Sainte-Victoire.

Une route serpente entre les pins… La masse rocheuse de la montagne Sainte-Victoire éclate de blancheur au soleil… Une échappée visuelle vers l’ocre ordonnancé d’une bastide flanquée de platanes centenaires apparaît au delà d’un glacis de vignes….

Si la montagne Sainte-Victoire a principalement capté le regard des peintres et des écrivains, la campagne aixoise a aussi inspiré quelques-uns d’entre eux.

Couleurs de l'unité

Jaune, roux, ocre de l’architecture ; vert et gris de l’eau des canaux ; vert sombre des pinèdes et des chênaies ; vert argent, vert bleuté et gris des oliveraies et leurs restanques ; vert tendre, jaune, violet et brun des cultures …

sous-unités
paysagères

Les sous-unités paysagères individualisent des paysages qui composent une unité paysagère et font valoir des spécificités au sein de l’unité.

structureS
paysagèreS

Un paysage végétal spontané de franges boisées et de linéaires arborescents

La végétation naturelle s’interpénètre avec les terroirs, composant un paysage contrasté. Les secteurs forestiers à chênes pubescents, à frênes à fleurs, à chênes verts et à pins d’Alep, s’étendent sur le plateau de Puyricard vers le Grand-Saint-Jean.

 

Un paysage agraire remarquable et varié

De grands espaces ouverts aux vastes parcelles de vignes et de céréales occupent les plateaux.
La trame parcellaire, les versants en restanques et les grands espaces plans organisent le paysage selon un rythme et une échelle en fonction du modelé topographique.
Lors du parcours des chemins, les murets de pierre sèche et les hauts murs qui entourent les parcs des bastides animent le paysage en ménageant des plans successifs contrastés accentuant ou refermant les vues. Les remarquables parcs paysagers dessinés au XVIIe et XVIIIe siècles agrémentent les nombreuses bastides.
Le paysage de la campagne aixoise n’est pas sans évoquer le Péloponnèse : les Romains ne dénommaient-ils pas Gretia (la Grèce) la campagne d’Aquae Sextiae (l’Aix romaine) ?

 

Un chapelet de villages et les nombreux hameaux en périphérie du terroir

Leurs implantations sont diverses, caractéristiques des villages de Provence :

  • Sur un accident de relief : Éguilles au bord du plateau de Puyricard,
  • Sur un plateau : Puyricard, Couteron.

 

Les carrières

Les deux carrières du Ponteils à Éguilles ont été totalement comblées avec les déblais non valorisés du chantier du TGV voisin.

 

Les bastides et leurs parcs

Au XVIIe siècle, urbanisme et architecture s’ouvrent à la nature. La bastide, lieu de plaisir et scène du pouvoir aristocratique, s’accompagne d’un jardin de plaisance et chacun rivalise dans sa création paysagère.

Une nouvelle organisation de l’exploitation agricole regroupe ici en un ensemble original la ferme et la maison de maître. Et le jardin y occupe une place privilégiée. Séparé des espaces de travail de la ferme, il met en valeur la maison de maître et concrétise la possession et l’ordonnancement du paysage par l’aristocratie.

Ce riche patrimoine bâti est implanté en plaine au cœur du domaine ou au creux d’un vallon ombragé et plus rarement, pour profiter de la vue, à flanc de coteau ou sur une légère éminence.

Les murs de clôture sont encore présents à Puyricard. Ils sont interrompus par l’entrée monumentale droite ou d’une belle envolée courbe, marquée par des piliers et fermée par des grilles en fer forgé…

Le pigeonnier et la chapelle sont des éléments quasi permanents du domaine. Les annexes pour la production agricole s’égrènent sur le domaine : constructions dispersées, jas, moulins, ponts et aqueducs, oratoires.

caractérisation
paysagère

La couverture végétale 2006 La couverture végétale  2018

• focus sur les milieux naturels

C’est une unité dominée par l’activité agricole et l’urbanisation, surtout dans sa partie est sur le plateau d’Eguilles/Puyricard. Dans sa partie ouest, les espaces sont moins urbanisés et les vignobles et collines boisées y dominent.

Les secteurs de collines sont occupés par un couvert de garrigues à chêne kermès (Quercus coccifera) ou romarin (Rosmarinus officinalis), ainsi que par les pinèdes à pins d’Alep (Pinus halepensis), omniprésentes dans le département.

C’est sur ce plateau que la Touloubre prend sa source, au nord d’Eguilles au pied de la chaîne de la Trévaresse. Son cours sinueux s’accompagne de sa forêt galerie qui constitue un milieu humide remarquable, caractérisé par des espèces hygrophiles : forêt à peupliers blancs (Populus alba), peupliers noirs (Populus nigra), saules (Salix sp.),….

Enfin, l’importance de l’activité agricole en fait un secteur riche en espèces messicoles (la flore sauvage des champs) et en espèces animales inféodées aux agrosystèmes traditionnels.

Les atouts et fragilités posent les bases des enjeux et des pistes d’actions. Il s’agit de mettre en avant tel composant de paysage ou telle structure dont les transformations pourraient porter atteinte à la qualité et à la valeur de l’unité paysagère.

• Les atouts

  • Une topographie en plateau qui offre des vues directes sur la montagne Sainte-Victoire mais aussi le massif de la Sainte-Baume et la plaine des Milles.
  • L’agrément des paysages agraires de vignes, oliveraies et céréales.
  • La qualité architecturale des domaines et bastides accompagnés de leurs allées bordées de platanes ou de pins et de leurs parcs.
  • La proximité d’Aix-en-Provence, pôle urbain majeur avec sa vie culturelle, son patrimoine et ses emplois.
  • La proximité du bassin d’emploi des Milles et de la Duranne.

• Les fragilités

  • La proximité de l’agglomération aixoise et les opportunités foncières offertes.
  • Les espaces en plateau qui facilitent l’urbanisation.
  • Un réseau viaire dense avec des voies primaires favorables à l’implantation d’activités économiques.
  • Un maillage viaire qui se complexifie au gré des extensions urbaines.

• Carte des infrastructures

L’unité paysagère du plateau d’Aix est traversée par l’ancienne RN7, la mythique « route des vacances ». Il reste comme évocation de cette époque le totem en béton de la station-service à Célony.

Cet axe parfaitement rectiligne traverse des paysages qui hésitent entre activités et agriculture. En effet il agglomère dans un certain désordre des petites zones d’activités artisanales et des commerces tout aussi hétéroclites : vendeur de bois, de carrelage, caviste, restaurant…

Ces zones s’entremêlent avec les champs et les vignes et la route traverse successivement des paysages cultivés, des bois et des espaces bâtis.

La route de Rognes à Éguilles (la RD543) circule dans un environnement plus naturel de champs et de bois. Elle descend des contreforts de la chaîne de la Trévaresse et après avoir croisé la D7N elle rejoint les paysages péri-urbains, annonciateurs d’Éguilles.

Depuis Éguilles d’autres routes secondaires rayonnent vers les communes voisines de Saint-Cannat et Les Milles.

A la sortie de Célony, la R7N a été déviée dans le cadre de travaux de sécurisation des passages à niveau. Le nouveau tracé enjambe la voie ferrée et l’ancien passage a été fermé à la circulation. Il a aussi donné l’occasion d’implantations de nouvelles activités.

Dynamiques
d'évolution

Occupation des sols en 2006 Occupation des sols en 2019

• occupation des sols

Les cartes ci-dessus révèlent les dynamiques d’évolutions urbaines et paysagères. La plus impactante est celle de l’urbanisation qui se diffuse à partir des zones existantes. Plusieurs étaient en totale discontinuité des noyaux urbains et se sont rejointes entre 2006 et 2018.

Le processus de transformation des paysages est pour beaucoup associé à l’urbanisation, jusqu’à installer des continuités.

Cependant de nouvelles parcelles d’arboriculture sont apparues, principalement des oliveraies.

L’unité paysagère porte les stigmates de l’incendie de 2017 qui a détruit 795 hectares.

Clé de lecture

Le graphique exprime les évolutions paysagères et urbaines de l’unité paysagère, entre 2006 et 2021.

Il rend compte d’une manière synthétique des évolutions que porte l’unité paysagère.

Le gradient attribué à chaque item est le fruit d’observations de terrain, d’analyses cartographiques et de données.

L’analyse est quantitative.

Dans cet exemple, la surface de la forêt n'a pas évolué.

• fACTEURS d'évolution

Les évolutions paysagères de l’unité paysagère du plateau d’Aix sont directement la conséquence du développement urbain. En effet, ce vaste espace tabulaire offre les opportunités pour de nouvelles zones bâties quand le massif de la Sainte-Victoire contraint le développement de la ville dans sa partie orientale.

Éguilles s’est aussi particulièrement développée. La RD543 met à portée de voiture le pôle d’activités des Milles et de la Duranne, pôle d’activités desservi également par une ligne de bus. La zone des Milles porte plus de 29 000 emplois (29 472*) sur près de 500 ha, principalement dans le tertiaire.

L’urbanisation a profondément transformé les espaces en périphérie proche de la ville d’Aix-en-Provence.

L’habitat individuel a remplacé la trame agricole faisant du plateau d’Aix la continuité urbaine de l’agglomération aixoise. Conjointement au développement de l’habitat, de petites zones d’activités se sont implantées le long des axes de déplacement, principalement la D7N.

Au pied de la chaîne de la Trévaresse, la vocation des sols est encore majoritairement agricole, ce que confirme le Plan Local d’Urbanisme d’Aix-en-Provence. Cependant beaucoup de parcelles sont aujourd’hui en jachère et donnent une impression d’abandon et de paysage confus.

Les facteurs d’évolution sont principalement :

  • Le développement urbain.
  • L’extension ou la création de petites zones d’activités.
  • L’activité agricole.
  • Les dynamiques naturelles.

Depuis 1985, la qualité de la production viticole est reconnue par l’AOP Coteaux d’Aix. Les nombreux domaines ont saisi l’opportunité de cette réputation pour s’engager dans un tourisme culturel entretenant la valeur des paysages. Plusieurs de ces domaines organisent des festivals, des soirées musicales et des expositions.

*source : Pays d’Aix Développement, au 1er janvier 2021

• Les dynamiques urbaines

Le développement des unités résidentielles a sans conteste affecté les paysages du plateau d’Aix-en-Provence. Puyricard et Couteron, à l’origine simples hameaux, se sont entourés d’habitat dispersé plus ou moins lâche. Les nouvelles cellules pavillonnaires s’agglomèrent le long des axes de déplacement, s’étirant jusqu’à presque se rejoindre. Elles créent un paysage mi-urbain mi-agricole sans que l’une ou l’autre des ambiances s’impose.

La population a augmenté de 2,9%* passant de 150 025 à 154 381 habitants. Mais ce chiffre doit être relativisé car il est impossible de distinguer Puyricard et Couteron de l’aire aixoise, à laquelle ils appartiennent administrativement. Éguilles a vu sa population augmenter de 8%* et son développement urbain est en relation avec cette croissance démographique.

L’analyse comparative des clichés aériens de Puyricard et Couteron laisse entrevoir une évolution démographique similaire à la hauteur de celle d’Éguilles.

*INSEE 2006 avec mise à jour en 2009 et chiffres de décembre 2020

Impacts

  • Disparition de surfaces agricoles.
  • Désorganisation de la structure paysagère.
  • Mise en place d’un continuum urbain lâche.
  • Création de petites surfaces commerciales de proximité.
  • Vitalité du territoire avec l’arrivée de nouvelles populations.

• Les dynamiques économiques

L’agriculture

La reconnaissance de la production viticole par l’AOP Coteaux d’Aix est un moyen de préserver ces surfaces de vignes ainsi que les ouvrages associés comme les restanques. Les domaines viticoles se sont aussi engagés dans l’entretien du patrimoine bâti et dans la recherche d’une qualité architecturale de leurs bâtiments d’exploitation. Pour maintenir dynamique cette économie, plusieurs d’entre eux ont diversifié leur activité en proposant des évènements culturels et pour certains des hébergements touristiques.

Si la surface agricole a incontestablement diminué, l’agriculture a su se diversifier. Des oliveraies ont été replantées. Cependant plusieurs parcelles sont en jachère et donnent une impression d’abandon. Quelques serres de petite taille et des tunnels indiquent des cultures maraîchères.

Impacts

  • Variété des productions.
  • Vitalité économique du territoire et attractivité grâce à un tourisme culturel et de découverte des vignobles.
  • Maintien de la forêt et limite de l’embroussaillement synonyme de fermeture des paysages.

 

Les activités artisanales et commerciales

Entre Célony et Saint-Cannat, des petites zones artisanales et commerciales se sont installées sur le parcours de la D7N, confirmant son rôle d’axe de desserte majeure. Cette implantation au plus près des flux leur donne la visibilité nécessaire à leur activité. Ce besoin d’être vu est renforcé par la signalétique.

Ces zones répondent clairement à des opportunités foncières et ne portent aucune attention au traitement de leurs abords. Les impératifs fonctionnels priment : zone de stockage, de manutention, absence de traitement paysager et pauvreté des matériaux.

Impacts

  • Dégradation des paysages des routes et des entrées de ville.
  • Étirement de l’urbanisation le long des axes de déplacement et désordre visuel : multiplication des enseignes et couleurs franches de certains bâtiments.
  • Impact visuel négatif des constructions par leur forme rudimentaire et leurs abords non aménagés avec perception directe sur les zones de stockage et de manutention.

• Les dynamiques des milieux naturels

L’incendie de 2017 rappelle la fragilité des espaces forestiers. Les populations sont attachées à leurs forêts. Elles constituent un véritable atout pour le cadre de vie des habitants, cadre prisé et recherché, et composent souvent leur paysage de proximité.

Cependant le développement du couvert forestier a tendance à cloisonner les paysages. Le passage du feu permet de retrouver les subtilités d’un relief ou des ouvrages envahis parfois par la végétation, comme d’anciennes restanques.

  • Fermeture des paysages avec le développement du couvert forestier.
  • Renforcement du risque incendie avec le développement du couvert forestier.

enjeux &
pistes d'action

Les évolutions constatées permettent d’établir les enjeux. Les enjeux sont les aspects des évolutions qui préoccupent les acteurs du territoire, les gestionnaires et/ou les populations.

Les mutations du paysage

L’urbanisation pavillonnaire diffuse (issue de la pression foncière d’Aix-en-Provence) rogne sur les terroirs et les pinèdes accessibles. L’urbanisation diffuse, résidentielle comme commerciale est déconnectée des ensembles urbains et empiète sur les terroirs, les zones boisées et en particulier sur le territoire des bastides.

Ces aménagements entrent en concurrence avec l’agriculture et leurs franges boisées.

Les urbanisations récentes plus ouvertes mais monotones rompent souvent l’harmonie de la campagne aixoise :

  • Effets de dispersion du regard,
  • Ambiances stéréotypées,
  • Absence de traitement des franges de l’urbanisation avec altérations et dégradations des abords des espaces urbanisés …

Le paysage bâti est banalisé par les extensions récentes (habitat et activités) et le développement des réseaux.

Cela engendre une déstructuration du paysage et une dégradation de ses images identitaires.

 

Composition paysagère des terroirs

La mixité des bosquets et des parcelles cultivées.

Des composantes particulières : alignements arborescents des routes et des entrées des bastides ; sites des bastides, leurs parcs et leurs domaines agricoles.

Composition du paysage bâti et caractère du paysage urbain : les villages et les hameaux ; les bastides et leurs parcs…

 

Sensibilité visuelle

Elle se caractérise par des relations de covisibilité entre les franges et le rebord du plateau de Puyricard et des perspectives majeures et l’ouverture visuelle des paysages vers la montagne Sainte-Victoire,

Le Guide Eolien PACA a inscrit le plateau de Puyricard en zone de sensibilité très forte.

La lisibilité de l’enveloppe urbaine

Les espaces anciennement agricoles ont offert les opportunités au développement urbain de la ville d’Aix-en-Provence.

Le relief plat exempt de contrainte pour l’implantation a été d’autant plus favorable. C’est ainsi que le plateau d’Aix réunit toutes les conditions pour accueillir ceux qui rêvent de campagne tout en étant proche de la ville. La maison individuelle est le modèle qui répond le mieux à cette quête et les hameaux historiques comme Puyricard et Couteron ont été absorbés dans ces nappes pavillonnaires. Elles s’étirent le long des routes sans réelle organisation, à part la composition propre à chaque lotissement repoussant ainsi la limite de la ville.

Éguilles répond à la même logique, le rebord du plateau faisant reculer l’urbanisation vers l’arrière du village

  • Enchevêtrement de péri-urbain et d’agricole rendant confus le paysage.
  • Disparition des zones tampons entre habitat et cultures.
  • Augmentation des flux automobiles avec l’éloignement des services et équipements qui impose le tout voiture.
  • Banalisation des caractères architecturaux avec la répétition d’un modèle standardisé de maisons sur catalogue. Apparition de nouveaux caractères architecturaux étrangers aux caractères locaux : enduits blancs, ouvertures et volets anthracites…

 

La diversité agricole

Au-delà de ses aspects économiques, l’agriculture est déterminante dans l’entretien des paysages et le maintien d’espaces ouverts. Elle contribue à la qualité paysagère par la diversité de ses cultures et perpétue la réputation de la campagne aixoise. Les domaines viticoles participent à la préservation des caractères paysagers mais le maintien des autres cultures est aussi important.

Les cultures céréalières, les vignes et les champs de lavandes composent un paysage varié évoluant au fil des saisons. Le blond des blés renforce l’éclat du violet des lavandes ou le vert des vignes en été. A l’automne, les vignes se parent d’ors et d’orangés auxquels répondent la palette de jaunes des feuillus.

  • Maintien de la diversité des paysages dans ses couleurs et ses matières ; scénographies saisonnières.
  • Préservation des ouvrages qui lui sont associés : canaux, murs, restanques…
  • Préservation du patrimoine (domaines et châteaux) et de l’héritage de pratiques historiques.
  • Maintien des espaces ouverts en limitant l’embroussaillement et des dégagements visuels notamment vers la montagne Sainte-Victoire.
  • Affirmation des limites urbaines et composition de coupures urbaines.

 

Le développement des activités

Si leur présence permet de répondre aux besoins de la population, il est difficile de nier leur capacité à dégrader les paysages des routes et des entrées de ville. Elles contribuent à désorganiser les enveloppes urbaines. Les zones d’activités de l’unité paysagère se composent d’un mélange de petites surfaces commerciales et d’artisans, consommatrices de foncier.

  • Artificialisation et imperméabilisation des sols.
  • Dégradation du paysage des routes par l’absence de qualité architecturale des bâtiments et d’aménagement des abords.
  • Désordre visuel par l’hétérogénéité des formes, des couleurs et l’accumulation d’enseignes.

* selon la méthodologie des atlas des paysages 2017

Les périmètres de protection en 2021

Valoriser l’agriculture pour son rôle dans l’entretien des paysages et le maintien de la qualité paysagère

Encourager une agriculture diversifiée qui participe à la multiplicité des paysages.

Soutenir l’agriculture péri-urbaine pour son rôle dans la qualité des lisières urbaines et la composition de coupures urbaines.

Soutenir l’agriculture de proximité pour la reconstitution des circuits courts, pour favoriser les pratiques extensives respectueuses de l’environnement..

Accompagner les équipements nécessaires à l’activité agricole : hangars, serres… dans leur forme, dimensions, matériaux…

Encourager la réhabilitation des bâtiments d’exploitation traditionnels et la préservation des petits éléments : puits, cabanons, murs en pierre…

Retrouver la lisibilité de l’enveloppe urbaine et maîtriser le développement de l’habitat individuel

Avoir une gestion économe des sols et encourager des formes urbaines compactes.

Limiter l’effet « mitage » des boisements en pensant densité et forme.

Assurer l’inscription des nouvelles constructions dans la pente pour éviter des terrassements « cicatrices ».

S’appuyer sur des structures paysagères : ripisylves, alignements d’arbres, haies, boisement… pour composer les nouvelles zones d’habitat et assurer leur insertion dans le site.

Assurer la continuité avec la trame urbaine existante (orientation des faîtages, épannelage, continuité dans la trame viaire…) et penser des espaces publics continus comme élément de structure urbaine (rues, places, évasement…) et non en « poches » (voies en boucle).

Aménager les interfaces avec les milieux forestiers pour assurer leur préservation et limiter les risques pour les biens et les personnes.

Promouvoir une qualité architecturale conforme à l’identité locale pour éviter la répétition d’un modèle standardisé.

Éviter des matériaux et des couleurs étrangers aux palettes locales.

Maîtriser le développement de l’urbain le long des axes routiers

Organiser les extensions en cohérence avec la trame urbaine.

Aménager des coupures d’urbanisation pour éviter les continuums urbains et la perte de lecture des limites.

Éviter la succession des zones d’activités et commerciales et aller dans le sens de leur mutualisation.

Contrôler l’affichage : enseignes, panneaux publicitaires…

Composer un paysage valorisant pour les petites zones d’activités

Assurer un traitement qualitatif des abords (parking, aires de stockage et de manutention) et des interfaces.

Travailler les marges de recul tout en conciliant le besoin d’être vu.

Gérer la signalétique (enseignes et pré-enseignes, panneaux publicitaires)

Avoir une exigence architecturale pour les bâtiments afin d’éviter le prototype.

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