identité
paysagère

Cette mer intérieure, convoitée par les industries pour les accès maritimes qu’elle offre, s’est vue dépossédée de certains de ses espaces naturels.

Dimensions
21 km d'est en ouest et 19 km du nord au sud.
Altitude maximale
140 m, la chapelle du Rocher à Vitrolles
Altitude minimale
0 m pour l'étang de Berre
Superficie
360 km²
Population
198 526 habitants
(Insee 12/2020)
Relief
mer et littoral intérieurs

Territoire malmené, l’étang de Berre a retrouvé une place au cœur des préoccupations de préservation et de valorisation de ses paysages. Le terme « dénaturé » pourrait lui être appliqué tant l’industrialisation et l’urbanisation se sont faites dans la négation de ses paysages et de son socle support.

La forme historique de ses villages a été englobée dans une urbanisation dense et étalée.

Et pourtant celui qui saura dépasser l’image industrielle et dégradée découvrira nombre de pépites paysagères, architecturales et écologiques : vestiges gallo-romains, églises romanes, petits ports de pêche, roselières et marais, maraîchage, vignobles et particularités géomorphologiques. À cette liste paysagère et patrimoniale, s’ajoutent des constructions issues du développement urbain moderne : grands ensembles, industries (pétrochimie, aéronautique, haute-technologie…), aéroport, grandes zones commerciales etc. Certains ensembles urbains (la cité des Quatre Vents à Martigues par exemple) sont des témoignages intéressants d’une conception de la ville dans les années 70.

Aujourd’hui l’intérêt porté à ces paysages se retrouve dans les nombreux programmes et études (POPSU*, Pôle Lagunes, …) encadrés par différentes conventions et instances juridiques notamment pour les milieux humides (Convention Internationale de Ramsar, Gémapi…) afin de restaurer, réhabiliter ces milieux dont la capacité de résilience est assez exceptionnelle.

La qualité de ses paysages terrestres et marins, ses richesses écologiques mais aussi historiques ont interpellé des scientifiques, des concepteurs et les élus des communes riveraines qui se sont rassemblés pour remettre au centre de stratégies urbaines et paysagères cette mer intérieure.

L’étang de Berre est devenu un formidable terrain d’études et de mise en œuvre d’actions de restauration, réhabilitation et préservation des paysages, tant il rassemble une diversité de questionnements qui guident les aménageurs du territoire :

  • Urbain : les grands ensembles qui aujourd’hui ne correspondent plus aux modes d’habiter.
  • Le déclin industriel et les mutations de l’activité qui imposent une réflexion sur la reconversion des sites mais aussi leur rôle mémoriel.
  • Les pratiques traditionnelles comme la pêche qui appartiennent au patrimoine culturel de l’étang de Berre.
  • Les milieux humides et le changement climatique.
  • L’agriculture
  • Le patrimoine architectural : Martigues ville d’Art et d’Histoire.

Il s’agit également pour les communes riveraines de renouer avec cette étendue d’eau qui offre de formidables espaces récréatifs et de loisirs. Des opérations de revalorisation ont été menées et le sont encore à ce jour : sentiers littoraux, requalification de l’étang de Bolmon, théâtre de verdure et plages à Martigues, parc à Berre-l’étang, port à Saint-Chamas…

 

L’atlas des paysages de 2006 décrivait cette unité paysagère en ces termes :

Vaste dépression salée bordée de massifs calcaires, le bassin de l’étang de Berre est un lieu de confluences où se côtoient des paysages naturels remarquables de lagune méditerranéenne, des paysages de campagne à la forte personnalité et de puissants paysages aménagés, industriels et urbains en mutation constante.

Le paysage est remarquable et les ambiances contrastées : pinèdes, garrigues et rives lagunaires, domaines viticoles et cultures sous serres, villages perchés et villes nouvelles, zones commerciales et raffineries.

Ces forts contrastes opposent les rives nord et nord-ouest où l’agriculture et les espaces naturels perdurent aux rives sud et est, industrielles et urbaines.

* Plateforme d’Observation des Projets et Stratégies Urbaines : programme de recherche

Communes

Berre-l’étang
Châteauneuf-les-Martigues
Gignac-la-Nerthe
La Fare-les-Oliviers
Marignane
Martigues
Saint-Mitre-les-Remparts
Saint-Victoret
Rognac
Velaux
Vitrolles
Partiellement
Ensuès-La-Redonne, Istres, Lançon-Provence, Les Pennes-Mirabeau, Saint-Chamas

Premières impressions

Un étagement de surfaces planes se décline depuis le vaste plan d’eau, espace ouvert aux larges panoramas vers un horizon fermé par une couronne de collines et de cuestas.

La lumière est omniprésente.

Le soleil écrasant d’été, les brumes de chaleur ou les brouillards laiteux masquant les rives donnent à l’étang des allures de mer aux limites indécises.

Le mistral dégage un ciel immense, rapproche les plans et fait découvrir dans les lointains la montagne Sainte-Victoire et les Alpilles.

Féerie nocturne des torchères des raffineries et des mille points lumineux des villes se dédoublant dans le noir d’encre de l’eau…

Les rives de l’étang de Berre subissent des mutations qui donnent lieu à des “inversions de signes” : la campagne de vignes et d’oliviers laisse place au maraîchage intensif sous serres et à l’urbanisation…

Ici, la ville a été réinventée au travers des grandes opérations des années soixante-dix et l’avènement d’une couronne de “villes nouvelles”.

Tandis que sur les rives lagunaires , la nature se juxtapose aux usines jusqu’à les pénétrer…

 

Regards sur le bassin de l’étang de Berre

Martigues a été un centre artistique important dans la seconde moitié du XIXe siècle, autour d’Émile Loubon et l’École Provençale Impressionniste.

La lumière et les paysages ont inspiré des peintres aussi différents que Ziem, le maître de Martigues, Monticelli, Guigou, Chabaud, Seyssaud, Derain, Manguin, Picabia ou des photographes comme Gimpel.
Simone de Beauvoir a évoqué les paysages de l’étang de Berre.

Couleurs de l'unité

Les eaux changeantes de l’étang miroitent avec des gris métalliques, des bleus profonds ou les irisations des reflets… Ici, les tons rouille, brun, blanc, gris, rouge des hangars et des usines voisinent avec l’éclat métallique des réservoirs d’acier et avec les ocres des habitations. Puis quelques cyprès noirs abritent un camaïeu de vergers ; la trame des vignes vert pâle, émeraude puis orange côtoie le gris-vert des oliviers et le scintillement des serres.

sous-unités
paysagères

Les sous-unités paysagères individualisent des paysages qui composent une unité paysagère et font valoir des spécificités au sein de l’unité.

structureS
paysagèreS

Cette ouverture dans les collines sèches abrite une petite mer intérieure

Le bassin de l’étang de Berre est la terminaison occidentale du bassin sédimentaire d’Aix-en-Provence, entre les deux chaînons anticlinaux de la Fare au nord et de la Nerthe au sud. Creusée par l’érosion, la dépression fut envahie par la mer au Quaternaire.

 

Les massifs périphériques délimitent le bassin de l’étang

À l’ouest, les collines tabulaires découpées dans les grès et la molasse (142 m à Saint-Blaise) forment transition avec la Crau. Elles sont séparées par des dépressions circulaires créées par l’érosion éolienne et occupées par un chapelet d’étangs. Au nord et au sud, les crêtes des anticlinaux (189 m à La Fare, 264 m à la Nerthe). A l’est, les deux cuestas du plateau de l’Arbois (272 m).

 

Les dépôts colluviaux en piémont et les embouchures des rivières ont modelé les deux plaines littorales

La plaine littorale des Gravons – Berre au nord et celle de Châteauneuf-les-Martigues à Marignane au sud. Sur les rives, un paysage lagunaire de marais et de salines subsiste par endroits, séparé de l’étang par des flèches littorales sablonneuses. Les aménagements à Marignane, à Berre et à Martigues ont été implantés sur ces espaces humides comblés.

 

Le paysage végétal des zones humides caractérise l’étang de Berre

Les espaces littoraux humides des estuaires et des étangs saumâtres présentent une végétation souvent luxuriante de roselières et de scirpaies qui composent un paysage remarquable rappelant à moindre échelle la Camargue proche. Les salins du Lion à Vitrolles, le marais de Rognac et le rivage de Saint-Chamas voient encore se développer la sansouire. Les rivières et leurs ripisylves structurent le paysage : la Touloubre à Saint-Chamas, la Durançole, l’Arc lors de sa traversée de la plaine des Gravons, le Raumartin au pied de la falaise du Pas-des-Lanciers, la Cadière et le Bondon sur les versants de l’Arbois.

 

Les pinèdes et les garrigues basses couvrent les collines et les massifs périphériques

Des bosquets de pins et de chênes couvrent les collines littorales à Saint-Mitre-les-Remparts, autour de Velaux et Vitrolles.

 

Une agriculture riche et variée modèle un paysage de campagne exceptionnel sur les rives de l’étang de Berre

L’agriculture, au dynamisme inégal selon les secteurs, imprègne fortement le paysage et s’insinue entre les espaces urbanisés et industriels. La réinstallation d’agriculteurs marseillais chassés par l’urbanisation périurbaine a engendré au nord une agriculture dynamique et intensive. La reconquête d’espaces cultivés sur les zones marécageuses et le développement d’une agriculture maraîchère sous serre composent un nouveau paysage. Le vignoble s’étend en piémont de la chaîne de la Fare. Les oliviers occupent les restanques entre La Fare-les-Oliviers et dans la cuvette de Velaux.

 

Le paysage bâti du génie civil et des industries

Les raffineries, les cimenteries, les réservoirs pétrochimiques ainsi que l’aéroport dont les pistes empiètent sur l’étang, participent de l’identité des lieux.

 

Les cabanons

Les sites littoraux ont été jadis appropriés par les pêcheurs. Leurs hameaux de quelques cabanons implantés au Jaï, au Ranquet, à Varage et au Canet sont devenus, avec le développement des loisirs, de véritables ensembles pavillonnaires spontanés.

Un patrimoine bâti ponctue le paysage et marque l’histoire des implantations humaines

Les ensembles bâtis des villages perchés tels que Vitrolles répondent aux sites initiaux des oppida de Saint-Blaise et de Château Virant.

 

Les structures linéaires du paysage

Associées au damier du parcellaire, les structures linéaires déterminent un paysage géométrique et rythmé. Le parcellaire est souligné par la trame des haies coupe-vent de cyprès souvent couplée au réseau d’irrigation ou de drainage. Ces haies caractérisent la plaine des Gravons. Elles sont sporadiques et résiduelles dans la plaine de Marignane et sur le plan de Gignac. Les remarquables alignements arborescents le long des routes et des accès aux domaines se composent de pins, de platanes, de chênes. Ils jouent sur les ambiances. Ils permettent de se repérer et aident ainsi à la lecture du paysage. On note :

  • La route en corniche entre Istres et Miramas bordée de magnifiques pins et la RD 10 entre La Fare-les-Oliviers et Coudoux,
  • Les allées de platanes à l’entrée sud de La Fare-les-Oliviers,
  • L’entrée de Marignane,
  • Les allées de pins parasols des domaines de Calissanne et de Château Virant,
  • Les parcs arborés autour des grands domaines.

 

Le paysage bâti

La structure urbaine s’organise à partir d’une ceinture de villages anciens englobés dans les extensions récentes et formant une conurbation au sud-est, au sud et à l’est. Les sites villageois souvent perchés se juxtaposent aux zones d’urbanisation contemporaine dans les plaines littorales et composent un paysage contrasté, en constante évolution. Les villages anciens resserrent leurs maisons autour de ruelles étroites souvent radioconcentriques, image de la « Provence traditionnelle » (le Vieux-Vitrolles, Saint-Mitre-les-Remparts, Saint-Victoret…).

Les sites industriels et les zones d’activités sont étendus. Les constructions de grande emprise aux structures métalliques complexes ou aux volumes simples sont d’un grand poids visuel.

L’habitat est une alternance d’immeubles regroupés en grands ensembles et de lotissements pavillonnaires dans les quartiers urbains et de constructions diffuses sur les franges des espaces naturels.

Les “villes nouvelles” à Vitrolles et Martigues sont signalées par quelques gestes architecturaux : l’Hôtel de Ville, la Halle et le théâtre de Martigues, les immeubles-tours du Moulin de France à Martigues…

Les parcs paysagers et les aménagements de voirie structurent le paysage urbain et soulignent les entrées d’agglomération. De nombreux giratoires scandent les voies.

 

Martigues, cité pittoresque, a conservé un tissu urbain médiéval et une architecture ancienne remarquable

La structure urbaine s’organise à partir d’une ceinture de villages anciens englobés dans les extensions récentes et formant une conurbation au sud-est, au sud et à l’est.

Martigues : à cheval sur le chenal de Caronte, la ville s’organise autour d’un maillage de canaux sur lesquels donnent les façades d’un habitat ancien modeste et les architectures classiques des églises du XVIIe siècle.

La ville est née au Ve siècle avant J.C : un rempart abritait alors un village sur une île. Au Moyen-Age, trois villages vivent de la pêche : Jonquières, Ferrières et l’Ile. Ils fusionnent en une seule commune, Martigues, au XVIe siècle. La ville connait un essor remarquable au XVIIe siècle : son port de pêche et ses chantiers navals rivalisent alors avec Marseille.

La grande peste de 1720 marque le début d’un long déclin jusqu’à l’implantation des industries pétrochimiques au XXe siècle et la croissance urbaine qui suit.

Les trois villages initiaux perdurent dans la structure en trois quartiers du centre ancien. Ils occupent un groupe d’îles allongées au milieu du chenal naturel. Le tissu urbain est dense, les ruelles resserrées et les canaux séparent les quartiers identifiés par leurs églises.

Au centre, l’Ile est jalonnée par la cathédrale Sainte-Madeleine et la Bibliothèque Municipale. Le clocher de Saint-Geniès annonce Jonquières au sud. Ferrières au nord s’est constitué autour de l’église Saint-Louis. L’ambiance est exceptionnelle, elle mêle le bâti à l’eau… miroir, passage, mémoire.

L’urbanisme contemporain s’étend en continuité du quartier de Ferrières et sur les rives du canal de Caronte ainsi que sur l’emprise des anciens salins.

Il comprend des immeubles et des équipements publics : Hôtel de Ville, Grande Halle, Théâtre. L’extension grimpe sous forme de pavillonnaire lotis ou diffus sur les versants collinaires.

caractérisation
paysagère

La couverture végétale 2006 La couverture végétale  2018

• focus sur les milieux naturels

L’étang de Berre est la seconde plus grande lagune d’Europe, après celle de « la Mar Menor » en Espagne.

Du point de vue de la biodiversité, cette unité est remarquable en raison de la multitude de milieux aquatiques et humides qu’elle offre :

  • Lagunes méditerranéennes avec la présence d’herbiers aquatiques à zostère naine (Zostera noltei), grande zostère (Zostera marina), potamot pectiné (Potamogeton pectinus), ruppie (Ruppia cirrhosa, R. maritima). Ces herbiers abritent des communautés d’invertébrés aquatiques (mollusques et crustacés notamment) dont la répartition déborde d’ailleurs nettement des zones à herbiers, ainsi qu’une diversité importante de poissons. Il faut noter le retour récent de certains poissons emblématiques : syngnathes de lagune (Syngnathus nigricollis) et hippocampes à museau court (Hippocampus hippocampus).
  • Sansouires à salicornes (Salicornia europaea) et saladelles (Limonium vulgare) rappelant la Camargue.
  • Prairies saumâtres à joncs et roselières saumâtres à phragmites (Phragmites australis). Seul le secteur de l’embouchure de l’Arc (marais du Sagnas) présente des roselières d’eau douce avec phragmites et marisques (Cladium mariscus).
  • Mares temporaires saumâtres. Il s’agit des zones les plus remarquables vis-à-vis de la flore avec de nombreuses espèces patrimoniales : en phase humide, le callitriche à sillon faible (Callitriche lenisulca) et en phase sèche la cresse de Crête (Cressa cretica), le crypside piquant (Crypsis aculeata),…
  • Dunes et plages sableuses. Ces milieux deviennent rares et surtout menacés par l’urbanisation et autres dégradations mais certains se maintiennent (lido dunaire du Jaï, plage de Figuerolles, plage des Salins de Berre) et abritent plusieurs des espèces végétales psammophiles (c’est-à-dire des milieux sableux) protégées telles que le raisin de mer (Ephedra distachya), le lis des sables (Pancratium maritimum), l’euphorbe des sables (Euphorbia peplis)…

En arrière du littoral, les secteurs de garrigues et pinèdes offrent des milieux ouverts (pelouses et garrigues claires) également riches en espèces patrimoniales. C’est également le cas des zones de friche aux sols hydromorphes (sol régulièrement saturé en eau, généralement durant l’hiver) : on y observe la bugrane sans épines (Ononis mitissima) dont ce secteur constitue le bastion régional pour cette espèce rare et en régression en France. D’autres espèces patrimoniales y sont présentes comme l’alpiste paradoxal (Phalaris paradoxa) ou la luzerne ciliée (Medicago ciliaris). Ces milieux sont souvent menacés par le développement économique (urbanisation, zones d’activités, infrastructures), principalement au sud de l’étang de Bolmon.

Enfin, la mosaïque de milieux humides décrite précédemment attire une avifaune extrêmement diversifiée et riche en espèces et en nombre d’individus présents.

L’étang de Berre représente en effet un site d’importance internationale en tant que zone humide pour l’avifaune aquatique hivernante et migratrice de passage.

Citons le grèbe à cou noir (Podiceps nigricollis), une espèce hivernant en grand nombre (jusqu’à 4 500 individus) sur l’étang de Berre, lui donnant le statut du deuxième site français d’hivernage après le lac Léman. L’étang accueille également en hivernage plusieurs espèces remarquables telles que la mouette mélanocéphale (Ichthyaetus melanocephalus), le fuligule milouin (Aythya ferina), le fuligule morillon (Aythya fuligula), l’aigrette garzette (Egretta garzetta), le flamant rose (Phoenicopterus ruber roseus), le grèbe huppé (Podiceps cristatus), la sterne caugek (Sterna sandvicensis), la foulque macroule (Fulica atra), le grand cormoran (Phalacrocorax carbo),…

Les atouts et fragilités posent les bases des enjeux et des pistes d’actions. Il s’agit de mettre en avant tel composant de paysage ou telle structure dont les transformations pourraient porter atteinte à la qualité et à la valeur de l’unité paysagère.

• Les atouts

  • Une diversité de paysages rares avec une représentation de milieux secs et humides.
  • L’originalité de paysages littoraux d’une mer intérieure.
  • Des formes de relief variées entre indentations calcaires, cuestas et les formes douces des collines arrondies et boisées.
  • Un patrimoine architectural historique mais aussi moderne avec les grands ensembles, témoignages des politiques urbaines des années 1950 et 1960.
  • Un bassin économique en reconversion.

• Les fragilités

  • Des sites industriels qui ont effacé une partie des éléments de nature.
  • Un habitat individuel diffus autour des villages de Velaux, Vitrolles, la Fare-les-Oliviers, Châteauneuf-les-Martigues et la conurbation de Marignane.
  • Des grands ensembles urbains et les difficultés sociales associées.
  • Des terres considérées comme consommables pour l’implantation d’activités sans respect des paysages.
  • Des activités économiques qui portent préjudices aux milieux terrestres et marins.
  • Une grande sensibilité aux incendies.
  • La proximité des grands pôles de déplacement : aéroport, autoroutes, réseau ferré.

• Carte des infrastructures

À l’image de sa vocation urbaine et industrielle, le maillage viaire est dense. De nombreuses routes de première catégorie sillonnent son territoire. L’unité paysagère est desservie par deux autoroutes : à l’est l’autoroute dite du soleil, l’A7, et au sud l’autoroute dite du littoral, l’A55.

Les autoroutes raccordent à l’échelon national et international les sites industriels du bassin. Ce premier maillage se complète d’un réseau viaire secondaire qui dessert les espaces urbains dans une déclinaison de voies de transit et de desserte locale. Tous les gabarits sont représentés. Les ambiances traversées et les profils sont variés à l’image de la diversité des paysages parcourus. Les routes ont tantôt le profil de l’avenue, avec son vocabulaire appartient à celui de la ville (arbres, terre-plein-central végétalisé, mobilier…), tantôt celui de la petite route de campagne sinueuse ou rectiligne. C’est la RD16, dénommée la route du Delà, qui serpente sur la rive ouest de l’étang de Berre et offre de magnifiques panoramas sur l’étendue d’eau ; ou la RD21 qui traverse la plaine de Berre. À ce portrait routier s’ajoutent les grands axes de transit comme les RD113 et RD568 et leurs successions de ronds-points.

Le réseau ferré complète la desserte de l’unité paysagère. Le train de la Côte Bleue s’avance dans les terres jusqu’à Martigues. Des lignes régionale Marseille/Miramas via Rognac, Marseille/Tarascon assurent des liaisons voyageurs et desservent plusieurs communes de l’unité paysagère. D’autres lignes sont réservées au transport des marchandises.

Comparée à d’autres unités paysagères, celle-ci est relativement épargnée par les faisceaux de lignes haute-tension (en partie en raison de la présence de l’aéroport Marseille Provence). Ses horizons sont néanmoins marqués par celles traversant le plateau de l’Arbois ou le massif de la Nerthe. D’autres infrastructures énergétiques impriment les paysages : la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas et les centrales solaires nouvellement installées sur la commune de La Fare-les-Oliviers.

L’aéroport de Marseille-Provence marque les paysages de Marignane et sa tour de contrôle fonctionne comme un point de repère.

 

Dynamiques
d'évolution

Occupation des sols en 2006 Occupation des sols en 2019

• occupation des sols

L’urbanisation de l’unité paysagère était déjà effective avant 2006. Les cartes ci-contre montrent que le développement urbain s’est concentré sur les communes qui offraient encore le cadre urbain du village comme Saint-Mitre-les-Remparts, Velaux et La Fare-les-Oliviers.

De nouvelles zones d’activités sont apparues en continuité de celles existantes ou autour des grands sites industriels.

La plaine de Berre a vu ses pratiques agricoles se transformer avec une arboriculture plus présente.

Les zones incendiées se situent en périphérie de l’unité paysagère. Mais les reliefs touchés par les incendies sont les horizons de l’étang de Berre et ont ainsi affecté les perceptions des habitants.

En 2020, un incendie a parcouru 960 hectares à partir de Gacharelle au sud de Martigues, atteignant le bord de mer à la Couronne, détruisant la pinède qui recouvrait les collines qui encadrent le sud de Martigues. Mais c’est sans conteste celui de 2016, parti de Rognac, qui a remanié les paysages du plateau de Vitrolles, partagé avec l’unité paysagère du massif de l’Arbois.

Clé de lecture

Le graphique exprime les évolutions paysagères et urbaines de l’unité paysagère, entre 2006 et 2021.

Il rend compte d’une manière synthétique des évolutions que porte l’unité paysagère.

Le gradient attribué à chaque item est le fruit d’observations de terrain, d’analyses cartographiques et de données.

L’analyse est quantitative.

Dans cet exemple, la surface de la forêt n'a pas évolué.

• fACTEURS d'évolution

Si les grandes transformations se sont opérées sur plusieurs décennies à compter des années 1960, l’unité paysagère évolue encore dans son urbanisation. Il y a les évolutions visibles depuis 2006 et d’autres en devenir. Ce sont celles liées au changement climatique et aux reconversions des sites industriels.

Les facteurs d’évolution pour l’unité paysagère de l’étang de Berre sont multiples. Ils concernent à la fois des processus urbains mais aussi naturels.

Si l’étalement urbain s’est ralenti, l’urbanisation se poursuit sous la forme de densification. Les zones commerciales, industrielles et artisanales continuent leur expansion.

Cette urbanisation se fait au détriment des espaces agricoles. L’agriculture évolue, à son tour, dans ses pratiques pour s’adapter à la concurrence notamment espagnole sur les produits maraîchers mais aussi dans ses modes culturaux. Les serres se font plus modernes pour mieux répondre aux impératifs de production.

Les espaces naturels ont été remaniés par plusieurs grands incendies sur les communes de Martigues, Vitrolles, Rognac et Châteauneuf-les-Martigues pour les plus significatifs en termes de surface. Cette mer intérieure, ses milieux humides, sont ou seront impactés par les conséquences du changement climatique et notamment la montée des eaux.

Les facteurs d’évolution sont :

  • Les dynamiques naturelles liées au changement climatique.
  • L’urbanisation.
  • L’agriculture.
  • Les activités industrielles.
  • Les grandes zones d’activités tertiaires et manufacturières
  • Le risque incendie.

Un regard global sur les évolutions montre une anthropisation marquée du territoire qui se poursuit et repousse les éléments de nature à quelques lieux de plus en plus sanctuarisés.

• Les dynamiques urbaines

Les dynamiques urbaines sont à différencier en fonction des communes. En effet, Vitrolles, Marignane et Martigues n’ont pas connu le même développement entre 2006 et 2021 que les autres communes de l’unité paysagère.

Les premières se sont développées dans les années 1960 avec de grandes opérations d’ensembles pour loger les populations ouvrières : la cité des Quatre Vents à Martigues, les Pins et les Plantiers à Vitrolles, les Rascas- la Ferrage à Marignane et la cité Boétie à Berre-l’étang. Leur territoire est aujourd’hui occupé au maximum de sa capacité. À force d’extensions, leur urbanisation est aujourd’hui circonscrite par le relief, les rives de l’étang, les grandes infrastructures routières et les quelques périmètres de protection des espaces naturels survivants.

D’autres comme Gignac-la-Nerthe, Rognac et Saint-Victoret se distinguent par un étalement pavillonnaire très marqué. Ces extensions datent des années 1980 et leur expansion s’est ralentie pour devenir modérée depuis 2006.

En revanche, des communes restées jusque-là à l’écart de ces processus urbains ont considérablement augmenté leurs surfaces habitées. Châteauneuf-les-Martigues et La Fare-les-Oliviers connaissent un développement urbain à la hauteur de leur évolution démographique. Entre 2006 et 2020, La Fare-les-Oliviers voit sa population augmenter de 35 %, Châteauneuf-les-Martigues de 47 %*.

Passant de 190 029 habitants en 2006 à 198 526 en 2020, l’étang de Berre est l’unité paysagère la plus peuplée après la ville de Marseille. Mais avec une moyenne de +4,3 % pour l’ensemble de l’unité, elle est une des plus faibles et ce chiffre révèle une augmentation de la population disparate.

Les évolutions démographiques sont effectivement hétérogènes. Vitrolles et Berre-l’étang ont perdu de leurs habitants ; Martigues, Marignane, Rognac, Gignac-la-Nerthe, Saint-Victoret et Velaux ont une augmentation de leur population faible. La logique entre étalement urbain et augmentation démographique n’est pas systématique. Velaux a développé de manière conséquente son tissu pavillonnaire avec une augmentation de sa population de seulement 7%.

Les Plans Locaux d’Urbanisme réservent encore des zones à l’urbanisation poursuivant les processus d’étalement et de densification en cours.

Le point commun de ces dynamiques urbaines est qu’elles s’opèrent au détriment des espaces agricoles et que le modèle recherché est toujours celui de la maison individuelle. Sur certaines communes, habitat et activités se mélangent dans un tissu urbain devenu hétérogène et confus.

Berre-l’étang, Vitrolles, Marignane ont construit une ceinture urbaine continue sur les rives est de l’étang absorbant dans leurs paysages de villes denses des communes au caractère plus villageois : Rognac, Saint-Victoret et Gignac-la-Nerthe.

Impacts

  • Consommation de foncier agricole.
  • Imperméabilisation des sols.
  • Diffusion de l’habitat en périphérie et densification.
  • Perte de repères entre les différentes communes.
  • Répétition du modèle du lotissement gros consommateur de foncier.

* source INSEE 2006 avec mise à jour en 2009 et chiffres de décembre 2020

• Les dynamiques économiques

L’agriculture

L’agriculture a connu un net recul avec une baisse significative du nombre d’exploitations. Aujourd’hui elle est essentiellement concentrée sur la plaine de Berre avec des productions principalement viticoles et oléicoles.

La culture sous serre y est aussi développée et pour assumer la concurrence, notamment espagnole, les serres se sont modernisées, s’éloignant du modèle traditionnel.

Pour faire face au phénomène de déprise agricole, la Métropole Aix-Marseille-Provence a lancé en 2021 un diagnostic de la plaine agricole de la Basse-Vallée de l’Arc pour construire une politique agricole et alimentaire et maintenir le potentiel productif de la plaine.

À l’appui d’un diagnostic, un plan de redéploiement et de redynamisation de l’agriculture sera défini sur le secteur au travers d’un projet viable économiquement orienté vers le local, l’agroécologie, les enjeux de continuités écologiques et les enjeux paysagers. « Le secteur est identifié comme l’un des greniers et futur parc agraire » de la Métropole » selon les termes du cahier des charges.

L’agriculture doit face à la concurrence de l’urbanisation. En dehors de la vaste plaine de Berre, elle construit des micro-paysages comme dans la plaine entre Châteauneuf-les-Martigues et Gignac-la-Nerthe où elle est à l’état résiduel entre habitat et zones d’activités.

Impacts

  • Production viticole et oléicole reconnue par des AOP.
  • Une agriculture en régression soumise à la pression urbaine.
  • Évolution des modes culturaux et le développement des cultures sous serre.
  • Disparition de motifs paysagers : haies et canaux (exemple ci-contre à Marignane).

 

Les activités industrielles, artisanales et commerciales

Les premières implantations industrielles ont débuté dès le XIXe siècle et la croissance industrielle ne cessera. L’industrie va redessiner les paysages de l’étang de Berre, avec les raffineries et le cortège d’usines manufacturières de produits dérivés. Les cheminées, hangars et cuves imposent leur gigantisme.

Ce sont aussi des scénographies nocturnes étranges avec l’éclairage des installations. Aucun autre espace méditerranéen n’a été aussi durablement marqué par le fait industriel, espace qui se prolonge sur le golfe de Fos voisin empruntant le chenal de Caronte.

L’étang de Berre, ce sont aussi les pôles de Vitrolles et Marignane avec leurs industries aéronautiques dont Airbus Helicopters, plus gros employeur de la région PACA. Vitrolles rassemble à elle seule près de 720 ha de zones d’activités, d’abord industrielles puis se diversifiant au fil des années et des implantations. Aujourd’hui ces zones regroupent des activités très diverses : industrie, transport et logistique, services et commerces. Leurs hangars colossaux rivalisent avec les installations tout autant hors d’échelle des industries (parc Euroflory à Berre-l’étang par exemple, ZA des Estroublans).

L’étang de Berre, c’est bien sûr l’aéroport de Marseille Provence dont les pistes s’avancent sur l’eau. Il est le 3e aéroport régional français en termes de trafic passagers et le premier aéroport régional français pour le fret. La réorganisation de ses terminaux et de ses surfaces connexes (parkings, accès) se poursuit.

Au milieu du tissu industriel, la zone commerciale du Grand Vitrolles est une des plus vastes du département. Et les dimensions de ses surfaces commerciales sont à l’échelle de sa fréquentation.

Dans les espaces économiques de cette unité paysagère, tout semble être gigantisme et démesure.

Mais, tandis que les grands pôles industriels ont peu évolué depuis 2006, la transformation des paysages vient du développement de zones économiques, plus modestes dans leur superficie que ces grands complexes industriels, mais tout aussi dommageables pour les paysages. Elles répondent, très souvent, à la seule logique fonctionnelle.

La RD113, la RD9 s’accompagnent d’une multitude de hangars de toutes formes dans un désordre de couleurs et de panneaux d’affichage, en dehors de toute composition urbaine.

Ces espaces se caractérisent encore par la pauvreté de leurs aménagements, peu échappent à cette règle.

De nombreux exemples peuvent être cités à Marignane (ZAC des Florides), à Saint-Mitre-les-Remparts (extensions récentes de la zone des Étangs), Châteauneuf-les-Martigues ou au Rove (unité paysagère de la chaîne de la Nerthe) dont la nouvelle zone industrielle s’est installée en promontoire au-dessus de l’autoroute A55. Elle est en perception directe depuis la plaine et l’autoroute.

De nouveaux projets sont en cours (ZAC des Empallières à Saint-Victoret).

Impacts

  • Consommation importante de foncier.
  • Dégradation des paysages des routes et des entrées de ville.
  • Confusion du paysage urbain quand elles se mélangent à l’habitat.
  • Impact visuel négatif des constructions par leur forme rudimentaire et leurs abords non aménagés avec perception directe sur les zones de stockage et de manutention.
  • Impact visuel fort de par la taille imposante de certaines installations.

 

Les énergies renouvelables

Leur développement est encore assez limité mais plusieurs parcs photovoltaïques ont vu le jour sur les communes de Berre-l’étang et La Fare-les-Oliviers.

Le Schéma Régional de l’Éolien classe en sensibilité très forte les pourtours de l’étang, en raison de son urbanisation et industrialisation. L’implantation d’éoliennes est possible mais contrainte et soumise à études paysagères.

Impacts

  • Utilisation de sols agricoles pour implantation de parcs photovoltaïques.
  • Impact visuel pour les espaces en vis-à-vis et les vues dominantes.
  • Transformation des horizons par les éoliennes.

• Les dynamiques des milieux naturels

En mai 2008, le Préfet de la Région PACA crée le Comité d’étang (Gipreb), en charge de l’élaboration du Contrat d’étang. Sa vocation est d’organiser le dialogue entre les différents acteurs : politiques, représentants du tissu économique et social du territoire. Le Gipreb assure les études scientifiques portant sur l’évolution de l’écosystème de l’étang de Berre. Il coordonne et participe aux actions de restauration ou de développement des usages (nautisme, pêche, …) dans le cadre du Contrat d’étang de Berre. Les plans de gestion et de protection appliqués aux milieux humides ont montré leur efficacité mais également leurs limites face à la fragilité de ces milieux. Les zones humides, les marais et les lagunes ont gagné en qualité permettant la reprise de l’activité halieutique, en progression depuis son rétablissement en 1994. Si les évolutions ont été positives et la qualité des eaux améliorée, un épisode d’anoxie en 2018 a montré toute la difficulté de restaurer cet écosystème.

Il est des dynamiques à venir liées au changement climatique. Les dernières conclusions du GIEC* établissent les conséquences du réchauffement planétaire. Certaines terres lagunaires et marécageuses de l’étang de Berre sont vouées à disparaître par phénomène de submersion. Il s’agit des marais de Berre et de l’étang de Bolmon. Le changement climatique aura également des conséquences sur la qualité des eaux, leur degré de salinité et bien sûr la faune et la flore, remettant en cause l’équilibre déjà fragile des milieux humides.

Autour de cette étendue d’eau se déploient des collines recouvertes de pinèdes. Ces milieux ont montré, encore récemment, leur sensibilité aux incendies. En 2020, un feu débute au quartier Gacharelle au sud de Martigues et dévastera près de 1000 hectares jusqu’au rivage méditerranéen. Les formations végétales font preuve de résilience après le passage du feu, mise à mal par sa récurrence.

  • Enrichissement de la biodiversité des milieux humides grâce aux plans de gestion et aux périmètres de protection.
  • Destruction d’espaces forestiers par les incendies.
  • Transformations des milieux aquatiques par le changement climatique.
  • Conséquences de la montée des eaux.

*GIEC : Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat

Les projets futurs identifiés en 2006,
qu'en est-il en 2021 ?

Marignane, projets de doublement et d’allongement des pistes de l’aéroport sur l’étang de Vaïne non réalisé.

Marignane, projet de rocade et comblement partiel nord de l’étang de Bolmon : abandonné au profit de la renaturation de l’étang.

Martigues, prolongement de l’A55 au-delà de Caronte : en cours. Projet de base de loisirs sur le plateau de Figuerolles : parc avec ferme pédagogique inauguré en 2005.

Saint-Mitre-les-Remparts, projet de base de loisirs et résidence sur le littoral de Massane : non réalisé.

Rognac, urbanisation sur les zones de marais : non réalisé.

Vitrolles, extension de la gare de fret sur les salins du Lion : non réalisé.

Berre-l’étang, restructuration de la base aéronavale en zone de sports et de loisirs : parc inauguré en 2010.

enjeux &
pistes d'action

Les évolutions constatées permettent d’établir les enjeux. Les enjeux sont les aspects des évolutions qui préoccupent les acteurs du territoire, les gestionnaires et/ou les populations.

La structure des paysages de terroirs est remarquable du fait

  • De l’étagement de la garrigue, du terroir sec, du terroir irrigué des versants de la chaîne de la Fare à la plaine des Gravons,
  • De la mixité des paysages où se côtoient paysages agraires et paysages bâtis des zones d’activités et d’habitat dans la plaine de Châteauneuf-les-Martigues,
  • Des trames paysagères du terroir ancien qui subsistent : haies de cyprès et alignements le long des routes, restanques, canaux… Ces composantes paysagères doivent être pérennisées.

 

Les paysages d’eau sont identitaires de l’unité de paysage et en constituent l’élément majeur

  • Les étangs, les marais, les paluds,
  • Le lido du Jaï,
  • Les embouchures de la Touloubre et de l’Arc… Leur intérêt est accentué par la proximité des zones urbaines. Ces espaces doivent être préservés..

 

La qualité urbaine et architecturale des centres villes et des villages anciens est remarquable

Martigues, Marignane, Istres. Ces ensembles urbains doivent être préservés.

 

Les nombreux sites archéologiques sont autant de sites sensibles

Les structures industrielles en activité sont également identitaires de l’unité de paysage

 

La sensibilité visuelle

L’unité de paysage est globalement d’une grande sensibilité visuelle du fait du caractère ouvert de l’espace entourant le vaste plan d’eau, ce qui dégage des vues lointaines étendues.

La couronne des versants de garrigue encadrant le bassin, horizon de l’étang, est très perçue : covisibilités, belvédères, panoramas.

Les plaines littorales sont également très sensibles à tout aménagement se développant en hauteur.

Ces territoires sont perçus en vues plongeantes depuis les versants périphériques : les changements d’affectation de l’espace sont ainsi très visibles.

Ces caractéristiques impliquent une sensibilité très forte à majeure pour l’implantation des éoliennes sur l’ensemble de l’unité de paysage.

Les plans d’eau, les zones humides et les ubacs de l’Estaque sont de sensibilité majeure vis-à-vis de l’implantation d’éoliennes. Tandis que les collines de Saint-Mitre et les plaines sont de sensibilité très forte.

 

L’absence de lisibilité et de hiérarchie spatiale

Cette absence dans certains espaces urbains et dans les zones d’activités génère des enjeux paysagers majeurs.

L’urbanisation continue

Les grandes agglomérations de Vitrolles, Martigues et Marignane ont occupé presque tout l’espace que le socle support mettait à leur disposition. À Martigues, l’urbanisation a gagné les versants de Saint-Jean ; Marignane et Vitrolles se sont rejointes absorbant Saint-Victoret dans une nappe urbaine continue.

Les espaces agricoles ont offert les opportunités au développement urbain des autres communes. Le relief plat des plaines a été d’autant plus favorable à leur extension. Les villes denses n’attirent plus. Les plaines et leurs villages réunissent toutes les conditions pour accueillir ceux qui rêvent d’un cadre de vie calme tout en étant proche de la ville. La maison individuelle est le modèle qui répond le mieux à cette quête et les nappes pavillonnaires ont repoussé les limites de la ville au détriment des espaces agricoles.

Dans certaines communes, ne pouvant s’étaler au-delà des limites actuelles, la tendance est à la densification du tissu urbain, que ce soit avec la construction de nouveaux logements, l’implantation de nouvelles entreprises ou l’agrandissement de l’offre commerciale.

  • Disparition des espaces de respiration avec la densification du tissu urbain : friches et/ou parcelles agricoles devenues zones à bâtir.
  • Enchevêtrement d’habitat et d’activités rendant confuse la lecture du paysage périurbain.
  • Banalisation des caractères architecturaux avec la répétition d’un modèle standardisé de maisons sur catalogue. Apparition de nouveaux caractères architecturaux étrangers aux caractères locaux : enduits blancs, ouvertures et volets anthracites…
  • Perte de lecture de la silhouette villageoise avec amorce de continuum urbain.
  • Désorganisation de la trame urbaine.

 

Le recul de l’activité agricole

Aujourd’hui rassemblée dans la plaine de Berre, l’agriculture est déterminante dans l’entretien des paysages et le maintien d’espaces ouverts. Elle contribue à la qualité paysagère des versants de la chaîne de la Fare avec leur mise en valeur par les vignobles et les oliveraies. Les domaines viticoles assurent aussi la préservation des grands mas et châteaux qui participent à l’armature paysagère avec les alignements de leurs allées d’accès et les silhouettes élancées de cyprès.

Les cultures céréalières et les vignes composent un paysage varié évoluant au fil des saisons. À l’automne, les vignes se parent d’ors et d’orangés auxquels répondent les jaunes des feuillus de la ripisylve de l’Arc.

Au sein des grandes agglomérations, l’agriculture peut être envisagée urbaine et porter de nouveaux enjeux. Support d’une nouvelle « nature en ville », elle accompagnera la mutation des cœurs de ville en espaces variés et vivables. Les tissus urbains, dont il faut encourager la densification, doivent être vécus comme de véritables « écosystèmes » où densité construite et densité verte ne sont pas incompatibles. En effet densifier la ville n’est pas supprimer tout espace libre. Replanter la ville peut aussi contribuer à développer la production d’une alimentation locale, en circuit court, créatrice de lien social et d’une nouvelle identité pour les habitants d’un quartier. Aujourd’hui l’agriculture urbaine, en plus de revêtir le rôle de redonner un usage à des lieux abandonnés, est factrice du lien social.

  • Effacement des limites urbaines et disparition de coupures urbaines.
  • Mise en danger des motifs paysagers de l’adret de la chaîne de la Fare : vignes et oliveraies.
  • Risques pour l’entretien du patrimoine (domaines et châteaux) et pour l’héritage de pratiques historiques.
  • Appauvrissement de la mosaïque agricole et disparition des terroirs.
  • Déséquilibre des fonctionnements naturels : chemins de l’eau, corridors écologiques.
  • Perte de la diversité des paysages.

 

L’extension des zones d’activités

Longtemps perçues comme essentielles à la vitalité économique d’un territoire et aux besoins des populations, les zones d’activités transforment de façon marquée les paysages. Elles rassemblent des activités de service, de commerce et manufacturières. Il y a bien sûr les volumes des constructions, certains colossaux, mais aussi les ouvrages connexes comme les voies d’accès, les ronds-points dont les gabarits peuvent être importants pour l’accès aux poids lourds.

Il est ainsi difficile de nier leur capacité à dégrader les paysages des routes et des entrées de ville. Pour exemple, la nouvelle zone industrielle du Rove, certes dans l’emprise de l’unité paysagère du massif de la Nerthe. Implantée en position haute au-dessus de l’autoroute A55, elle se détache de son environnement des collines calcaires. Elle s’accompagne en plus de terrassements conséquents en raison de son inscription dans la pente.

Les zones d’activités contribuent à désorganiser les enveloppes urbaines et le tissu urbain en lui-même quand elles s’y intègrent. Elles participent également à vider les centres-villes et centres villageois de leurs commerces. Ces commerces de proximité sont essentiels à la vitalité des cœurs de villes et villages.

À ces zones d’activités d’échelle locale, installées aux entrées de presque chaque commune, s’ajoutent les grandes zones comme le Parc d’Activités Euroflory à Berre-l’étang dont les hangars gigantesques colonisent les espaces arrière des usines et s’imposent le long de la RD113.

  • Artificialisation et imperméabilisation des sols.
  • Dégradation du paysage des routes par l’absence de qualité architecturale des bâtiments et d’aménagement des abords.
  • Désordre visuel par l’hétérogénéité des formes, des couleurs et l’accumulation d’enseignes.
  • Accumulation de prototypes architecturaux.
  • Absence de traitement des abords des espaces d’activités.
  • Désorganisation des paysages péri-urbains.
  • Terrassements cicatrices.

 

La reconversion des sites industriels

Les crises que traversent les différents secteurs, notamment pétrolier, ont poussé les industriels à engager une reconversion de leur activité et à être plus vertueux d’un point de vue écologique. Le déclin des sous-traitants, que certains qualifient en « domino », questionne sur le devenir de ces grands sites. Certains d’entre eux sont à la recherche de repreneurs quand d’autres, comme la raffinerie de la Mède ou ou celle de Berre, ont déjà engagé leur mutation.

Les enjeux sont bien sûr environnementaux mais la question se pose également quant au rôle mémoriel de ces usines. Leurs silhouettes ont imprimé les paysages et composent des scénographies nocturnes. Les longues tiges des cheminées, les cylindres massifs des cuves et l’enchevêtrement des structures métalliques ont construit une ligne d’horizon singulière, paysages quotidiens des riverains de l’étang et points de repères des parcours. Ce sont des images qui suscitent à la fois le rejet et la fierté car ces industries ont fait l’histoire des Hommes.

Si redonner une activité industrielle à ces sites est une des possibilités (exemple de la Mède), leur reconversion peut être aussi l’occasion de nouveaux usages, comme le tourisme industriel. Des projets ont su transformer les lieux aux infrastructures imposantes en attraction touristique. Ces friches représentent un levier touristique que certaines villes ont su exploiter : dans la Ruhr allemande, à Montréal où deux silos d’une sucrerie sont devenus des supports d’escalade. Plus proches de nous, l’inscription du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais au Patrimoine Mondial de l’Unesco en 2012 a donné à la région une nouvelle dimension médiatique et culturelle. La muséification d’une usine est une évolution possible, voire évidente, mais elle peut aussi se transformer en lieux d’hébergement touristique. Les exemples sont nombreux.

  • Préservation des installations industrielles comme témoignages de l’histoire des hommes de l’étang de Berre mais aussi comme élément de paysage.
  • Démantèlement, Réhabilitation et renaturation des sites et développement d’un tourisme culturel.
  • Dépollution des sols et diminution de la pollution de l’air.
  • Occasions de sites de production d’énergies renouvelables évitant la consommation de sols naturels.

 

La sauvegarde des milieux humides

Les milieux humides de l’étang de Berre portent des enjeux autres que seulement de biodiversité. Depuis plusieurs années, des outils réglementaires ont été mis en place pour assurer leur préservation et leur gestion : zonages PLU, zone Natura 2000, acquisition par le Conservatoire du Littoral, Pôle Lagunes… et aujourd’hui les marais, sansouires, lagunes ont été préservés de projets les impactant. Ils ont retrouvé la qualité de leurs milieux et habitats.

Les milieux humides ont aussi une valeur paysagère au cœur de grands bassins urbains et industriels. Certains d’entre eux, comme l’étang de Bolmon, sont devenus des lieux de loisirs sportifs ou simplement de promenade. De nouveaux sentiers littoraux sont créés sur la commune de Martigues afin de renouer avec ces paysages d’eau.

La fragilité de ces milieux face au changement climatique est aujourd’hui connue. Certains sont voués à disparaître par le phénomène de submersion, conséquence du réchauffement climatique et de la montée des eaux.

Les actions engagées doivent se poursuivre.

  • Conservation de la diversité écologique des milieux par les outils réglementaires.
  • Richesse des paysages grâce à la diversité des formations végétales.
  • Agrément de paysages littoraux comme lieux de promenade pour les villes denses riveraines.
  • Transformation, voire disparition d’écosystèmes conséquences du changement climatique et des phénomènes de submersion.
  • Développement touristique lié aux milieux aquatiques et aux activités sportives de pleine nature.
Les périmètres de protection en 2021

Composer un paysage valorisant pour les zones d’activités économiques et rompre les logiques marchandes, commerciales et fonctionnelles

Assurer un traitement qualitatif des abords (parking, aires de stockage et de manutention) et des interfaces.

Recoudre avec le tissu urbain environnant et limiter l’effet « îlot ».

Travailler les marges de recul tout en conciliant le besoin d’être vu.

Gérer la signalétique (enseignes et pré-enseignes, panneaux publicitaires), RLP*.

Avoir une exigence architecturale pour les bâtiments afin d’éviter le prototype et concilier les chartes des enseignes.
Structurer le développement des zones d’activités à travers une réflexion sur l’organisation spatiale pour éviter la juxtaposition de volumes monumentaux, la recherche de respiration avec le maintien d’espaces non imperméables et végétalisés, la composition de structures paysagères à l’échelle de ces zones.

Valoriser l’agriculture pour son rôle dans l’entretien des paysages et le maintien de la qualité paysagère

Encourager une agriculture diversifiée qui participe à la multiplicité des paysages.

Soutenir l’agriculture urbaine et péri-urbaine pour leur rôle dans la qualité des lisières urbaines et la composition de coupures urbaines.

Soutenir l’agriculture de proximité en faveur de la reconstitution des circuits courts, pour favoriser les pratiques extensives respectueuses de l’environnement.

Encourager la reconversion de friches en cultures.

Accompagner les équipements nécessaires à l’activité agricole : hangars, serres… dans leur forme, dimensions, matériaux…

Encourager la réhabilitation des bâtiments d’exploitation traditionnels et la préservation des petits éléments : puits, cabanons, murs en pierre…

Maintenir et/ou retrouver la lisibilité de l’enveloppe urbaine des communes de Velaux, La Fare-les-Oliviers, Saint-Mitre-les-Remparts

Organiser les transitions entre ville et « campagne ».

Assurer la qualité des entrées de ville, les restructurer si nécessaire.

S’appuyer sur des structures paysagères pour la composition des nouvelles zones urbaines et assurer ainsi leur insertion au site : ripisylves, alignements d’arbres, haies, boisement…

Accompagner le développement de l’habitat individuel

Avoir une gestion économe des sols et encourager des formes urbaines compactes.

Limiter l’effet « mitage » en pensant densité et forme.

Assurer l’inscription des nouvelles constructions dans la pente pour éviter des terrassements « cicatrices ».

Promouvoir une qualité architecturale conforme à l’identité locale pour éviter la répétition d’un modèle standardisé.

Assurer la continuité avec la trame urbaine existante (trame urbaine et viaire, sens des faîtages, épannelage…) et penser des espaces publics continus comme élément de structure urbaine (rues, places, évasement…) et non en « poches » (voies en boucle).

Composer les façades des nouvelles rues.

Maîtriser le développement de l’urbain le long des axes routiers

Organiser les extensions en cohérence avec la trame urbaine.

Aménager des coupures d’urbanisation pour éviter les continuums urbains et la perte de lecture des limites.

Composer les nouveaux paysages des abords.

Éviter la succession des zones d’activités et commerciales et aller dans le sens de leur mutualisation.

Contrôler l’affichage : enseignes, panneaux publicitaires…

Assurer la préservation et la valorisation des milieux humides (marais, étangs, littoral…)

Assurer l’entretien des ouvrages nécessaires à leur fonctionnement : digues, martelières, canaux.

Préserver / reconstituer les motifs paysagers associés : phragmitaies, roselières…

Contenir l’urbanisation (habitat et activités) à proximité des milieux humides ; maintenir / composer une zone tampon entre milieux humides et urbanisation

Assurer l’intégration paysagère des infrastructures de pratiques de loisirs : base nautique, port de plaisance…

Proscrire toute action d’assèchement à des fins d’urbanisation.

Voir et accéder aux rives de l’étang : aménager dans le respect des milieux les berges pour leur réappropriation par les riverains et les visiteurs.

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